Cannes 2026 : les films que la rédac espère voir au festival (partie 1)

Avant la conférence de presse du Festival de Cannes, prévue le 9 avril et où sera dévoilée la sélection en Compétition, la rédaction a recensé les films qui pourraient se frayer un chemin dans les différentes sections de cette 79e édition.


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Capture de la bande-annonce de Digger de Alejandro González Iñárritu

Retrouvez les autres parties du dossier ici, là et en fin d’article.

Amarga Navidad de Pedro Almodóvar  

Après le renversant La Chambre d’à côté, récompensé du Lion d’or à Venise en 2024, Pedro Almodóvar (Prix de la mise en scène pour Tout sur ma mère en 1999) est revenu sur sa terre natale pour le tournage de Amarga Navidad (“Noël amer”) en français. Le film raconte l’histoire d’Elsa, directrice de pub, qui doit faire face à la mort brutale de sa mère, point de départ d’une fiction à laquelle se mêlera la trajectoire d’un réalisateur nommé Raúl Durán.

Jack of Spades de Joel Coen

Un thriller gothique tourné en Écosse avec Josh O’Connor et Frances McDormand ? C’est un grand oui pour la rédac, même si on sait très peu de choses sur ce projet solo de Joel Coen (qui a remporté la Palme d’or avec son frère Ethan en 1991 pour Barton Fink), le deuxième après MacBeth (2021). Au programme : des châteaux de Glasgow, une atmosphère de conte, à la fois sombre et élégante, d’après le média Deadline

Teenage Sex And Death At Camp Miasma de Jane Schoebrun

On doit à ce cinéaste non-binaire la pépite indé, queer et onirique I Saw The TV Glow, qui mêlait nostalgie nineties et exploration de l’amitié toxique, de la solitude et de la frontière entre réalité et fiction avec une sensibilité contemporaine. Dans ce nouveau film, avec Hannah Einbinder et Gillian Anderson, une cinéaste queer chargée de relancer une franchise de slasher s’obsède pour l’actrice recluse du film original, et leur collaboration bascule dans une folie psychosexuelle.

Teenage Sex and Death at Camp Miasma de Jane Schoebrun

Paper Tiger de James Gray

« Deux frères poursuivent le rêve américain – mais se retrouvent empêtrés dans une affaire liée à la mafia russe. » On n’est pas très étonné par ce pitch, très raccord avec la filmo du réalisateur, qui observe depuis ses débuts (Little Odessa, 1994, La Nuit nous appartient, 2007) le milieu de la diaspora russe new-yorkaise. Régulièrement sélectionné en Compétition, Gray a choisi en revanche un tout nouveau casting, très prometteur : Adam Driver, Scarlett Johansson et Miles Teller. 

The Way of the Wind de Terrence Malick

Un biopic sur la vie du Christ ? Terrence Malick (Palme d’or en 2011 pour The Tree of Life), le plus spirituel des cinéastes, n’a peur de rien. On sait que cette fresque, attendue depuis un moment, s’intéressera aux divergences entre Jésus (Géza Röhrig) et l’apôtre Pierre (Matthias Schoenaerts) à propos de l’invasion romaine. De quoi concurrencer un autre film sur Jésus que Martin Scorsese est aussi en train de préparer. Jesus superstar.

Digger d’Alejandro González Iñárritu  

« L’homme le plus puissant du monde se lance dans une mission effrénée pour prouver qu’il est le sauveur de l’humanité avant que le désastre qu’il a déclenché ne détruise tout. » Le synopsis officiel du prochain film du Mexicain Alejandro G. Iñárritu laisse entrevoir un film d’antihéros excitant, porté par un Tom Cruise qui délaisse les grosses franchises à la Mission : Impossible et Top Gun pour se diversifier. Pour rappel, Alejandro González Iñárritu a remporté le Prix de la mise en scène en 2006 pour Babel

« Digger » d’Alejandro Gonzalez

Disclosure Day de Steven Spielberg

Après l’introspectif The Fabelmans (2022), où il revisitait sa jeunesse, le master revient à la SF avec un film coécrit par David Koepp (Jurassic Park). Le pitch intrigue, car il fait puissamment écho à notre monde, cerné par la post-vérité : « Et si l’on découvrait que nous ne sommes pas seuls ? Si la preuve nous était montrée ? Les gens ont droit à la vérité… Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable : Disclosure Day. » Au casting : Emily Blunt, Josh O’Connor et Colin Firth.

Disclosure Day de Steven Spielberg

 La Révolution selon Kamo de Kornél Mundruczó

Après Evolution, présenté à Cannes Première en 2021, le Hongrois Kornél Mundruczó revient avec un scénario coécrit par Paweł Pawlikowski (Cold War). Le cinéaste audacieux et engagé suivra Kamo et Soso, deux garçons de Gori deviennent amis au moment où gronde la révolution russe, et se retrouvent malgré eux au cœur d’un destin qui menace de renverser l’Empire et de bouleverser leur jeunesse.

Coward de Lukas Dhont 

« 1916. Pendant la Première Guerre mondiale, des soldats tentent de garder le moral derrière les tranchées. Emportés par la rhétorique guerrière, chacun cherche sa propre voie. » Voilà le pitch du nouveau film du prodige belge Lukas Dhont (Close, Grand Prix du Jury en 2022), qui s’essaie pour la première fois au film d’époque. On imagine déjà le cinéaste explorer ce que la guerre peut générer de toxique dans la masculinité.

The Entertainment System is Down de Ruben Östlund 

Préparez vos sacs à vomi. Kirsten Dunst, Keanu Reeves, Daniel Brühl et Tobias Menzies sont à l’affiche de ce récit à bord d’un vol long-courrier. Derrière la caméra, le plus provoc des cinéastes suédois, reparti avec une Palme d’or en 2022 pour Sans filtre (qui se déroulait sur une croisière de luxe). L’élément qui devrait faire péter un câble à tous les passagers ? La panne progressive des écrans. Une nouvelle satire en huis clos qui ne devrait épargner personne.

Succederà questa notte de Nanni Moretti 

Remis de deux infarctus, le truculent cinéaste romain revient avec un film librement inspiré du recueil Legami d’Eshkol Nevo, dont il avait déjà adapté Trois étages dans Tre Piani (2021). Au casting : Louis Garrel et Jasmine Trinca, habituée de son cinéma. Peu d’infos ont filtré sur ce drame romantique, qui pourrait explorer la solitude contemporaine, comme Nani Moretti l’a confié au Messaggero. Rappelons qu’en 2001, il remportait la Palme d’or pour La Chambre du fils.

Fjord de Cristian Mungiu (en salle le 19 août 2026)

Multi-primé à Cannes (il a eu la Palme d’or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours), le brillant Cristian Mungiu pourrait revenir avec son premier film tourné hors de Roumanie, porté par Sebastian Stan et Renate Reinsve. Le pitch annonce un film dans la lignée de son cinéma tendu, minimaliste et politique : « Dans un village norvégien, une famille roumaine et une autre suédo-norvégienne s’opposent autour de visions différentes de la famille, de l’éducation et des valeurs. »

Soudain de Ryūsuke Hamaguchi (en salle le 12 août 2026)

« Le lien entre deux femmes, une directrice de théâtre japonaise et une infirmière française. » Ryūsuke Hamaguchi (derrière les précieux Drive My Car, Prix du scénario à Cannes 2021, et Le Mal n’existe pas, 2023) revient avec un film qui, derrière son synopsis épuré, devrait cacher des trésors de délicatesse et affirmer la patte littéraire et francophile d’un cinéaste désormais incontournable. Virginie Efira et Tao Okamoto forment le séduisant duo du casting.

Histoires de la nuit de Léa Mysius (en salle le 16 septembre 2026)

Après Les Cinq Diables, la cinéaste adapte Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier (Prix Goncourt 2025 pour La Maison vide). Dans un village rural, un couple et leur fille fêtent un anniversaire quand des événements inexpliqués, à la tombée de la nuit, révèlent le passé trouble de la mère. Au casting : Bastien Bouillon, Hafsia Herzi, Benoît Magimel et Monica Bellucci.

Histoires parallèles d’Asghar Farhadi

Le réalisateur iranien, Grand Prix à Cannes pour Un héros (2021), s’apprête à marquer son retour avec ce projet tenu secret qui réunit un casting prestigieux, composé de Virginie Efira, Isabelle Huppert, Vincent Cassel, Pierre Niney et Adam Bessa. Le titre suggère une exploration de récits entremêlés, signature du cinéaste. 

Milo de Nicole Garcia

Il vient de remporter le César du Meilleur espoir masculin pour Nino. On est impatients de retrouver Théodore Pellerin dans le dixième film de la réalisatrice française (Mal de pierre, présenté en Compétition en 2016), face à Marion Cotillard et Artus (décidément rarement là où on l’attend). Le film racontera l’histoire d’Alice, une femme tout juste sortie de prison qui cherche à se rapprocher de Milo, employé d’un garage. 

L’Inconnue d’Arthur Harari

Portée par Léa Seydoux et Niels Schneider et adaptée de la BD Le Cas David Zimmerman (coécrite par le réalisateur et son frère Lucas Harari), le mélodrame d’Arthur Harari promet une esthétique onirique. Le récit suit David, qui se réveille dans le corps d’une magnétique inconnue. On a hâte de savoir si Harari rejoindra pour la première fois la compétition officielle, après le très beau Onoda, présenté à Un certain regard en 2021. 

Un bon petit soldat de Stéphane Brizé

Carla (Alba Rohrwacher) rejoint les RH d’une grande assurance, et se retrouve tiraillée entre le bien-être des employés et la performance. Fin observateur de la crise de l’emploi et des mécanismes d’un capitalisme carnassier, Stéphane Brizé revient avec un film qu’on pressent aussi engagé que ses précédents. En 2015, Vincent Lindon avait glané grâce à lui le Prix d’interprétation à Cannes pour La Loi du marché.