
Jamais sans ses bonnes fées. Le jour où on la rencontre dans un café de Barbès, Lena Garrel porte un tee-shirt « Delphine Seyrig Club » et cite l’écrivaine américaine Naomi Wallace comme source d’inspiration.
L’actrice, fille du réalisateur Philippe Garrel et demi-sœur de Louis, qui a étudié le théâtre pendant quatre ans dans des conservatoires d’arrondissement de Paris, a toujours fait de la sororité un territoire où se réinventer. « J’ai envie de récits qui décentrent l’amour et le couple hétéro. L’amitié aussi peut être la chose la plus importante d’une vie, même à l’âge adulte », lance-t-elle. C’est ce qui lui a plu dans Les Immortelles de Caroline Deruas, teen movie à l’esprit nineties dans lequel elle vit une amitié fusionnelle avec Liza (Louiza Aura). Lena Garrel porte fièrement son militantisme.
Dans Les Amandiers de Valeria Bruni Tedeschi (2022), elle incarnait Agnès Jaoui jeune (« seul personnage à critiquer Patrice Chéreau au milieu d’une troupe qui l’idolâtre »). Dans la série Chair tendre (2022), elle était une ado dont la bande d’amis accueillait avec bienveillance l’intersexuation de leur camarade Sasha. Jouer l’a libérée des injonctions extérieures. « Dans la vie quotidienne, j’ai l’impression de lutter pour prendre ma place, rien que dans le métro… Sur scène, sur un plateau, plus personne ne peut me dire : “Tu n’as pas le droit d’exister.” » Elle aimerait tourner avec Rose Glass, réalisatrice du génial Love Lies Bleeding (2024), et Ariane Labed, dont elle a aimé September Says (2025). Mais, d’abord, elle brûlera en avril les planches du théâtre de La Commune, à Aubervilliers, dans L’Arbre à sang d’Angus Cerini, mis en scène par Tommy Milliot.
Les Immortelles de Caroline Deruas, en salle le 11 février, New Story (1 h 29)
