
Seize voix, et autant de trajectoires singulières qui convergent autour du mouvement des Soulèvements de la Terre. Thomas Lacoste, dont la filmographie est marquée par des œuvres chorales et militantes (Notre monde, en 2013, rassemblait trente-cinq spécialistes – philosophes, économistes, sociologues – pour réfléchir à une « pensée commune »), nous plonge dans la vie de ces trentenaires engagés dans un combat vital.
À Notre-Dame-des-Landes, à Sainte-Soline, ils s’organisent contre l’accaparement des terres et de l’eau et contre les ravages industriels. Son immersion dans la ferme de ces néoruraux nous rappelle la démarche de Raymond Depardon dans La Vie moderne (2008), où l’on voyait déjà un monde paysan menacé d’extinction. Chaque entretien démontre la clarté et l’efficacité de ceux qui luttent et esquivent les violences politiques. Des témoignages enchâssés dans des images d’archives en noir et blanc et de beaux travellings sur des campagnes en désuétude où se retrouvent des activistes pour le climat et des paysans soutenus par des syndicats. Les militants interviewés impressionnent par leur maturité, comme cette agrégée qui a travaillé dans des ministères avant de se réinventer en fromagère, puis en éleveuse-bouchère qui fait tout pour exercer en accord avec son éthique.
Soulèvements de Thomas Lacoste, en salle le 11 février, JOUR2Fête (1 h 45)
