Jérémy Gillet, partition majeure

[Nos 25 de moins de 25, édition 2026] On l’a adoré en alter ego d’Ovidie dans la géniale série de cette dernière « Des gens bien ordinaires ». Il sera bientôt l’une des voix de « Jim Queen », le premier film d’animation queer réalisé en France.


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Photographie : Julien Liénard pour TROISCOULEURS

Ses parents l’emmènent voir Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, alors qu’il a 1 an. Jérémy Gillet, qui a grandi dans la campagne belge et a été révélé dans la série Mytho (2019) avec Marina Hands («une des meilleures actrices au monde »), garde un beau principe du film de Jean-Pierre Jeunet : « Nous sauver du cynisme. »

Au sein de la société matriarcale imaginée dans la série Des gens bien ordinaires (depuis 2022), il incarne un étudiant en socio et travailleur du sexe, qui tente de déconstruire les dynamiques de pouvoir dans le monde du porno. «La série met en lumière le sexisme dans ses formes les plus insidieuses. » L’acteur, qui a été formé à la classe libre du Cours Florent, confie avoir été bouleversé par Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman. Il choisit ainsi des partitions de jeu qui déplacent le regard du spectateur, comme dans Arrête avec tes mensonges (2023) d’Olivier Peyon, où il nous faisait ressentir la placardisation d’une époque.

En 2024, il reçoit le Prix du meilleur acteur au festival Séries Mania pour son rôle de Louis XIII, un roi bègue, dans Une amitié dangereuse : « Il ne fallait pas singer le bégaiement. J’ai travaillé à partir de témoignages de personnes concernées. » On a hâte de voir Jérémy Gillet dans Camembert de Matthieu Rumani et Nicolas Slomka (Culte), avec Kristin Scott Thomas ; ou dans Jim Queen, un film d’animation de Marco N’Guyen et Nicolas Athane, dans lequel son personnage luttera contre une maladie mystérieuse : l’hétérose.