
Le visage déformé de Laura Dern dans Inland Empire (2007)
Sorti en France en 2007, Inland Empire est le dernier long métrage en date de David Lynch. Ce film-monstre inoubliable, dans lequel une actrice appelée Nikki Grace (Laura Dern) se perd dans un film maudit où les identités se dissolvent, pousse encore plus loin la recherche formelle de Lynch. Dans un plan fixe suffocant, le visage de Nikki Grace se distord au point de ne plus rien avoir d’humain. Terrifiant et traumatisant. · C.G.

Le bébé qui hurle de douleur dans Eraserhead (1977)
Premier long métrage fauché de David Lynch, le déjà expérimental Eraserhead (1977)est une déflagration. Au centre, Henry Spencer, homme passif prisonnier d’un monde industriel angoissant, apprend qu’il est père d’un enfant prématuré et difforme qu’il rencontre chez ses beaux-parents. Dans un clair-obscur oppressant, une scène montre le bébé à l’agonie – on ne spoilera pas la suite mais c’est terrassant. En bonus, on vous conseille une vidéo d’archive qui réunit des réactions effarées des premiers spectateurs. · J.L.

La scène du diner dans Mulholland Drive (2001)
Le chef-d’œuvre de Lynch contient un aparté glaçant. Dans un diner, restaurant typique des US, un homme raconte avec anxiété son rêve à son collègue, ami ou amant : ils étaient dans l’établissement quand leur est apparu un visage terrifiant. Ils se rendent alors derrière le restaurant, le cœur battant. Là, de l’abri à ordures, jaillit un visage comme un symbole : celui d’une misère médusante. · T.Z.

La mort de Laura Palmer dans Twin Peaks : Fire Walk With Me (1992)
« She’s dead, wrapped in plastic. » La découverte du corps sans vie de Laura Palmer dans les premières minutes de Twin Peaks (1990) est probablement l’une des scènes les plus ancrées dans la mémoire cinéphile collective. C’est au cinéma que Lynch décidera de révéler les sordides coulisses du meurtre de son héroïne tragique dans le film Twin Peaks : Fire Walk With Me (1992). Une séquence presque insoutenable, qui débouche malgré tout sur l’une des plus belles scènes du répertoire lynchien. · S.J.

L’oreille mutilée dans Blue Velvet (1987)
Jeffrey Beaumont (Kyle MacLachlan), un étudiant, découvre au milieu de l’herbe une oreille dévorée par les fourmis. C’est le début d’une enquête détraquée, au fin fond d’une Amérique qui dévoile ses vices… L’oreille, c’est le détail pulsionnel, le fétiche inavouable, qui fait dérailler les apparences. Derrière cette mutilation, Lynch jette les bases de l’inquiétante étrangeté qui caractérise son cinéma. · L-A.S.

