
Et c’est bien ce qui a conduit Disney à prendre une décision radicale sur un des ses prochains blockbusters, perdant au passage des centaines de milliers de dollars. Dans l’adaptation live du film d’animation en images de synthèse Vaiana, la Légende du bout du monde, qui sortira en 2026 en France, le studio avait passé un accord avec la compagnie Metaphysics, déjà bien implantée à Hollywood grâce à ses accords avec les plus grandes agences de comédiens. Metaphysics, aujourd’hui intégré à la société d’effets spéciaux londoniennes Double Negative, devait principalement travailler sur le personnage joué par Dwayne Johnson, notamment pour concevoir un double numérique exploité pour des séquences trop dangereuses à effectuer pour un cascadeur. Mais après plusieurs mois de travail, Disney a stoppé ce projet pour deux raisons.
En premier lieu, le studio a pris peur que l’utilisation de l’I.A. fasse une mauvaise publicité au film. Plusieurs plans de Tron Ares ont d’ailleurs été coupés pour la même raison. Mais surtout, Disney redoutait que l’I.A. ne fissure leurs droits sur le film. Le studio tient en effet à garder un contrôle absolu sur ses franchises. Or, Metaphysics ne pouvait assurer que le matériel dont s’était nourri leur I.A. ne contenait pas des éléments, quand bien même ils seraient infinitésimaux, émanant de photographes professionnels ou d’autres studios. Dwayne Johnson a en effet beaucoup tourné pour les studios concurrents, Universal, Warner ou Paramount.
Cet exemple, jusqu‘alors inédit, démontre une nouvelle fois que les I.A. défient la question du droit d’auteur qu’il semble, plus que jamais, nécessaire d’adapter et de renforcer face aux bouleversements induits par ces technologies.
Disney refuse l’I.A. pour Vaina. Source : Deadline.
Le site de Metaphysics. Source : Facebook.
La suppression d’un personnage en I.A. dans Tron Ares. Source : IT Community.
EN + Une impressionnante démonstration du travail de Metaphysics sur Here de Robert Zemeckis.
EN + Paradoxe de notre époque : à l’aide de l’I.A., quantité d’internautes ont déjà imaginé leur propre version live de Vaiana. Le résultat est très discutable.
Par peur qu’on lui conçoive un « clone en I.A. » post mortem, Terrance Stamp a filmé, peu avant son décès, ses scènes pour la suite de Priscilla folle du désert avec une captation à multiples caméras, qui permettront de concevoir un double numérique du comédien. Cette technique exploitera, malgré tout, des technologies voisines de l’I.A. Source : Deadline.
Une réflexion, en forme de court-métrage et conçue avec le générateur Veo 3, autour de l’impact de l’I.A. sur l’industrie du cinéma. Voir sur Instagram.
Du 11 octobre au 11 janvier prochain, aura lieu dans toute l’Île de France la nouvelle biennale de Némo. Expositions, spectacles et installations seront organisées autour du thème « Les Illusions retrouvées – nouvelles utopies à l’ère numérique ». Vous pourrez y retrouver plusieurs artistes invités dans ces pages, comme Markos Kay ou le collectif Obvious.
Une impressionnante démonstration de la capacité de manipulation d’images filmées traditionnellement à l’aide d’I.A. Voir sur Instagram
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Une impressionnante démonstration de la capacité de manipulation d’images filmées traditionnellement à l’aide d’I.A.