Ugo Bienvenu interviewé par Pénélope, 11 ans

Pénélope, 11 ans, a rencontré le dessinateur et réalisateur Ugo Bienvenu, alors que sort son film d’animation « Arco ». Venu du futur, un enfant atterrit en l’an 2075. Il rencontre Iris, une fille de son âge. Ils vont s’entraider dans un monde dirigé par les ordinateurs et les images.


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Photographie : Cécile Rosevaigue pour TROISCOULEURS

À quel âge as-tu su que tu voulais devenir dessinateur ?

Aucune idée, mais ma maman me faisait remplir des carnets de croquis dès mes 2 ans.

 Elle était dessinatrice ?

Elle était graphiste et mon père diplomate, avec une formation de philosophe. J’ai mélangé leurs deux métiers : j’écris et je dessine des histoires où j’interroge la réalité, le monde.

Comment as-tu trouvé le nom de tes personnages ?

Grâce à mon associé, Félix de Givry [coscénariste et coproducteur du projet, ndlr]. Il m’a appris que le mot « arc-en-ciel » se dit arco iris en espagnol.

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 Ton film m’a fait penser à E.T., mais aussi aux dessins animés de Hayao Miyazaki.

J’ai découvert Hayao Miyazaki à l’âge de 14 ans avec Princesse Mononoké. Ce film m’a jeté un sort, c’est comme s’il m’avait dit : « Ugo, tu feras de l’animation ! »

 Vraiment ?

Quand je lis un livre ou regarde un film, si le réalisateur ou l’auteur est bon, je suis dans une bulle, comme si j’étais en discussion avec lui. Dans l’art, tu peux choisir ta famille, tu es entouré d’un système symbolique qui te nourrit. Les films pour enfants sont importants, ce sont ceux qu’on a tous regardés le plus : seul, avec ses parents, puis avec ses propres enfants !

Quel message souhaites-tu délivrer avec Arco ?

Je veux donner de la force ! Le rôle des histoires est de préparer les enfants à des situations auxquelles ils pourraient être confrontés. C’est important de travailler le muscle de l’émotion pour savoir réagir quand on se retrouve dans une situation difficile. Tous les contes classiques, comme Hansel et Gretel ou Le Petit Chaperon rouge servent à ça. J’avais envie de participer à cette tradition du conte.

Contre quoi veux-tu nous mettre en garde ?

Le monde dans lequel évolue Iris en 2075 ressemble beaucoup au nôtre. Aujourd’hui, on s’attache aux fantômes des choses, aux images des personnes, mais non à leur présence physique. Si l’on se coupe du face-à-face, on se coupe de soi-même. Dans le film, si Iris voit Arco dans le ciel, c’est parce qu’elle a un sens de l’observation que les autres ont perdu. Elle sait encore regarder.

Propos recueillis par Pénélope (avec Cécile Rosevaigue)

Arco d’Ugo Bienvenu, Diaphana (1 h 28), sortie le 22 octobre, dès 8 ans