
Qu’elles soient troublantes, doubles, fantasmées ou violentées, chez David Lynch, les femmes ne sont jamais subalternes. C’est pourquoi la plateforme cinéphile MUBI leur consacre un riche podcast (en V.O.), intitulé Ladies of Lynch. Au programme : une série de conversations sur les héroïnes lynchéennes, en compagnie de la journaliste culturelle Simran Hans et de ses invités. Parmi eux, de nombreux proches collaborateurs de Lynch : Isabella Rossellini, Jennifer Lynch, fille du cinéaste, sa productrice Sabrina Sutherland, Mark Frost, cocréateur de Twin Peaks, ainsi que la romancière Deborah Levy.
Contrairement à beaucoup de ses homologues, le cinéaste américain a toujours aimé les héroïnes complexes, et leur a fait une place de choix dans sa filmographie onirique. Des blondes incendiaires, des brunes ténébreuses, des artistes tourmentées, des vamps : David Lynch s’est amusé à tordre les stéréotypes féminins, pour mieux explorer leur envers.
Son cinéma a toujours pris soin de révéler la violence masculine. Dorothy (Isabella Rossellini) dans Blue Velvet, Betty (Noémie Watts) dans Mulholland Drive, Renée (Patricia Arquette) dans Lost Highway, et surtout Laura Palmer (Sheryl Lee) dans Twin Peaks… Toutes, de façon plus ou moins symbolique, ont été sacrifiées sur l’autel de la virilité. David Lynch ne s’est pas seulement intéressé à leur beauté. Il leur a donné une épaisseur psychologique, exhibé les violences dont elles ont été victimes de la part des hommes. Avec un regard empathique, généreux, il en a fait des créatures aussi désirables que cauchemardesques. Un podcast qui nous rappelle que dans chaque image, chaque plan, le regretté David Lynch était du côté de ses héroïnes flamboyantes.