Les élèves de CE1 et de CE2 de l’école Godefroy-Cavaignac à Paris ont interviewé Claude Ponti. Son dernier album, Le Mystère des Nigmes, suit l’enquête menée par des souris archivistes pour retrouver les mots qui ont disparu de leurs livres.


Pourquoi tu inventes des mots dans tes histoires ?
J’ai remarqué que vous, les enfants, vous êtes très malins, et que vous êtes capables d’inventer les mots dont vous avez besoin. Alors je fais comme vous : quand je ne trouve pas le bon mot, je le fabrique !

Est-ce que tu pensais écrire des livres quand tu étais petit ?
Le matin, je voulais être pompier ; l’après-midi, marchand de fromage ; et le soir, manger du fromage près du feu. Mais, à 7 ans, j’ai décidé que je voulais être peintre, comme les gens qui font des tableaux. Je suis resté sur cette idée très longtemps.

Mais tu aimais déjà les histoires ?
Je dessinais beaucoup, mais les histoires je les racontais dans ma tête, pas aux autres. Et puis un jour j’ai eu une fille, Adèle. Je voulais lui offrir un cadeau pour sa naissance. Comme la seule chose que je savais faire c’était dessiner, j’ai inventé une histoire rien que pour elle. Le livre a été publié, et j’ai compris que j’aimais écrire des livres pour les enfants.

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Et maintenant que c’est ton métier, tu préfères dessiner, ou écrire ?
J’aime les deux, mais il y a des choses que je sais mieux faire en dessinant, et d’autres, en écrivant. Il y a des gens qui font des livres à deux, l’un qui écrit et l’autre qui dessine. Parfois ils ne sont pas d’accord, mais ils sont obligés de s’entendre. Moi, comme je fais les textes et les dessins, je discute, mais avec moi-même, donc j’ai toujours raison – même quand j’ai tort.

Comment as-tu l’idée d’une histoire ?
Je réfléchis, je me pose dans un coin et je laisse ma tête se promener. Je regarde le ciel et les nuages, j’écoute les bruits comme si c’était de la musique, et, à ce moment-là, je peux avoir des idées qui viennent.

Tes parents étaient d’accord pour que tu sois un artiste ?
Non, je me suis battu contre mes parents pour faire ce que je voulais. C’est compliqué, les parents, ils font attention à toi, ils veulent que tu sois bien, et, des fois, pour que tu sois bien, ils te mettent mal.

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Pourquoi à la fin de Pétronille et ses 120 petits tu as écrit : « À chaque fou sa casquette et à moi mon chapeau » ?
Parce je savais qu’un jour tu me poserais la question et je voulais pouvoir te répondre pour que tu réfléchisses. Ça veut dire que quand tu crois que quelqu’un est fou, peut-être que lui il pense que toi tu es folle.

LE DEBRIEF

« Il a les cheveux blancs, il a une fille d’au moins 30 ans, mais il a discuté avec nous comme s’il avait notre âge.
— Je crois qu’il a passé une super-journée, il n’a pas arrêté de rire et de nous faire rigoler.
— Moi, j’ai lu L’Arbre sans fin sept fois ! »