La 57e Biennale d’art de Venise se tient du 13 mai au 26 novembre 2017, sous le titre de Viva Arte Viva. Christine Macel, la commissaire française de cette édition, place l'exposition centrale de ce nouvel opus sous le signe de l’humanisme et de l'utopie face à un monde en plein ébullition. 


Considérant l’art comme «le dernier bastion, un jardin à cultiver au-delà ou en deçà des modes et des intérêts personnels. Il représente une des alternatives sans équivoque contre l’individualisme et l’indifférence», c’est donc entre rêves, utopie et expériences collectives que nous sommes invités  à vagabonder dans les Giardini et à l’arsenal. Au milieu des neufs chapitres dont est composée l’exposition, un film retient l’attention. Le Grotta Profunda Approfundita de l’artiste française Pauline Curnier Jardin : c’est une expérience viscérale, presque érotique, dans laquelle on entre par une grande main. Le spectateur une fois à l’intérieur est comme au cœur d’un corps humain, assis sur un sol souple semblable aux revêtements des aires de jeux dans lesquels on s’enfonce, cet espace tapissé d’un camaïeu de roses suggère les parois d’un organe sexuel.

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Pauline Curnier Jardin, Grotta Profunda Approfondita, 2017, installation (interior) Viva Arte Viva at 57th Venice Biennale, photo: Daniele Zoïco, courtesy the artist and Ellen de Bruijne Projects

Sur l’écran, c’est dans un grand tourbillon magique que nous sommes emportés. Délire où l’on suit les expériences d’une Sainte Bernadette, peut-être Soubirous, bouleversée par ce qu’elle a pu voir. Au milieu de la grotte, on est plongés dans ces visions où se mélangent images végétal, humaine, animal, minéral, ne faisant parfois plus qu’un et créant des figures chimériques à l’image d’une nature sans frontière. Ce film, cette descente, c’est le moment du rite initiatique de la jeune Bernadette (jouée par le performeur Simon Fravega). Celui où le monde rentre en elle, évoquant une certaine pensées féministe néo-païenne. Là, où au contact de la nature on prend conscience de son propre pouvoir, où on le met en oeuvre, on le rapproche de l’autre, de tout ce qui est autre, ce qui nous constitue.


« Grotta Profunda Approfundita » de Pauline Curnier Jardin
Biennale de Venise, du 13 mai au 26 novembre 2017
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