Climax de Gaspar Noé, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, c’est Dirty Dancing mais alors en vraiment dirty. C’est simple : la première partie du film, bouillante et frénétique, donne envie de prendre mille drogues et de passer le restant de ses jours en rave quand la seconde, cauchemardesque et chaotique, incite plutôt à prendre sa retraite et à passer au thé vert… En février 2018, Noé a réalisé cet ascenseur sensoriel et émotionnel en 15 jours, dans l’urgence et en totale impro, en réunissant un groupe de danseurs (on reconnaît Kiddy Smile, l’un des chefs de file du mouvement voguing en France) dans une bâtisse isolée de tout. Le groupe communie sur une B.O nineties et enchaîne les mouvements voguing, wacking, et krump tandis que Noé et Benoît Debie (le virtuose chef-op) nous galvanisent en captant cette fièvre collective de façon ultra immersive. Puissante montée à base de sangria dans laquelle il n’y a pas que de la sangria…Puis tout vrille et, on n’en dira pas trop, mais la fête dégénère en film d’horreur. On pense alors à un Suspiria voguing, à la fin de Carrie au Bal du Diable en plus techno, aux transes possédées des Maîtres Fous de Jean Rouch en plus acid. Une chose est sûre : on sera désormais toujours un peu inquiet quand on se rendra à une soirée de Kiddy Smile.