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Le film du soir : « Divines » d’Houda Benyamina, sur Netflix

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Puissant et rageur, traversé par un sentiment d’urgence, le premier long métrage d’Houda Benyamina, sorti en 2016, est un portrait de jeunes filles de grande ampleur. À l’occasion de sa diffusion sur Netflix, on republie notre critique, accompagnée d’une courte interview de la réalisatrice.

Tout le projet de la cinéaste est contenu dans le titre. Appeler son film Divines, c’est d’abord un geste, qui consiste à mettre ses héroïnes Dounia (Oulaya Amamra, qui apporte beaucoup de panache) et Maïmouna (Déborah Lukumuena) sur un piédestal, de montrer qu’elles aussi peuvent contempler de haut les petits-bourgeois, les profs, ou même les dealers les plus dangereux de leur quartier.

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Entre réalisme et onirisme, avec une mise en scène aérienne et sensuelle qui les érigerait presque en idoles, Benyamina valorise ces deux filles de cité qui laissent tomber leur B.E.P. pour suivre la trace de la charismatique Rebecca (Jisca Kalvanda), une dealeuse qui se fait respecter comme nul autre dans leur quartier… En commençant par des petits vols, elles sont entraînées malgré elles à commettre des délits bien plus importants.

Cette escalade vers la criminalité étonne dès le début par sa fraîcheur, sa drôlerie, tandis que, dans la deuxième partie de l’intrigue, la comédie se charge d’une grande noirceur et bascule sans crier gare dans la tragédie. Ce changement de ton amène la réalisatrice à développer un discours féroce sur l’isolement des jeunes de cité. Mais cela n’a rien de plombant tant elle les représente dignes et conquérants. 

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3 QUESTIONS À HOUDA BENYAMINA

Le film devait à l’origine s’intituler Bâtarde. Pourquoi avoir changé de titre en cours de route ?

Je voulais parler du sacré. Ça s’incarne notamment par les versets du Coran, cités dans l’ouverture, qui évoquent l’idée d’un chemin vers la rectitude. Pour moi, «rectitude », ça ne veut pas dire « droiture », mais «idéal», « ouverture d’esprit».

Vous filmez la banlieue et ses grands ensembles comme un décor de western.

Oui, je voulais donner une grande ampleur aux décors. Et puis, dans le western comme dans mon film, il y a souvent des contrastes très prononcés entre le lumineux et l’obscur, le profane et le sacré, le bas et le haut…

D’où vient la séquence onirique dans laquelle les deux héroïnes se fantasment au volant d’une voiture ?

Un jour, mon petit frère m’a joué cette scène. Ce passage pose la question des valeurs et des aspirations de notre jeunesse. Je voulais aussi décoller de la réalité, les sublimer toutes les deux. Les travellings, c’est pas que pour Bonello !

Image :  © Easy Rider

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