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À voir sur Arte : le court « Un coeur d’or » de Simon Filliot

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Simon Filliot livre avec Un coeur d’or une réflexion poétique sur le rapport étroit qu’entretiennent corps et identité. 

Pénétrer le royaume des poupées animées de Simon Filliot n’est pas de tout repos, mais on vous assure que ça vaut le coup. Dans Un coeur d’or, court-métrage réalisé par le jeune cinéaste, on suit la progressive aliénation d’une mère de famille qui se voit contrainte de vendre ses organes à une vieille dame mourante pour subvenir aux besoins de son fils. Petit à petit, l’appât du gain prévaut sur le reste…

Simon Filliot, chef opérateur issu de la formation Image de La Fémis, avait déjà fait parler de lui avec son court de fin d’études, La Ravaudeuse, qui posait les jalons d’un univers grotesque et dérangeant déjà bien affirmé. Avec Un coeur d’or, le réalisateur va encore plus loin, prenant de toute évidence plaisir à exploiter le stop-motion, qui sert à merveille son histoire. Ainsi, le corps de la mère qui échange ses organes contre de l’or devient aussi malléable que de la pâte à modeler, symbolisant de manière percutante l’idée que son corps lui échappe.

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Il faut dire que dans ce film organique et sensoriel, toute l’attention est portée sur les matières, les textures, les sonorités (le moindre frottement est souligné). On pense à la saisissante scène d’ouverture, qu’on croit d’abord être une plongée à travers un paysage de désolation où résonnent de lointains éboulements, mais dont on découvre progressivement qu’il s’agit du corps d’une vieille dame allongée sur un lit d’hôpital – c’est elle qui attend de recevoir l’organe de la mère.

Un coeur d’or est un film muet, dans lequel les objets ont autant à dire que les personnages (comme cette maison qui s’étend ou se rétrécit chaque fois que la mère s’adonne à l’une de ses funestes transactions). À l’approche de Noël, on se laisse bercer par ce joli conte tragique qui évoque, à certains égards, ceux d’Andersen.

Pour voir le court, c’est par ici.

Et il y a aussi un super making-off juste ici.

Par Cameron Guyot

Copyright Image: JPL Films – Simon Filliot

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