« The Beauty » de Ryan Murphy sur Disney + :  quand la quête de perfection vire au grand-guignol

Showrunner boulimique, Ryan Murphy signe une nouvelle série sur Disney+ autour de la quête de jeunesse éternelle. Et s’il plane sur « The Beauty » l’ombre de la répétition, cette fiction ne manque ni de caractère ni d’esprit camp, la marque de fabrique de son auteur.


the beauty

Hollywood n’est pas à une contradiction près. Alors que l’industrie fait peser sur ses actrices et, dans une moindre mesure, ses acteurs, des diktats de beauté inatteignables, elle se passionne dans le même temps pour les dérives de ces mêmes injonctions. The Beauty est la dernière série née de cette tendance et on ne saurait reprocher à son créateur, Ryan Murphy, un quelconque opportunisme : son premier succès, Nip/Tuck, suivait déjà des chirurgiens esthétiques dans les années 2000.

Cette fois-ci, la beauté éternelle est promise par un milliardaire, Byron Frost, à la tête de The Corporation. Une entreprise qui a développé la substance miracle pour modifier l’ADN de toutes et tous et faire surgir une meilleure version de soi. Las, le produit a ses limites et une épidémie d’explosions de mannequins (à prendre au sens littéral du terme) jette deux agents du FBI aux trousses de Frost.

Si Ryan Murphy s’en donne à coeur joie avec le body horror, The Beauty souffre de motifs répétitifs mais, aussi, de l’ombre du récent film de Coralie Fargeat The Substance, qui explorait les mêmes thèmes avec un sens similaire du grand-guignolesque. On pourra aussi regretter un propos politique dilué, qui peine à renouveler notre intérêt pour une énième satire de la société des apparences.

Mais The Beauty nous rattrape lorsqu’elle se montre originale dans son écriture, osant les pas de côté émouvants – notamment un épisode très réussi autour d’une femme trans, et dans des élans camp dont seul son auteur a le secret, à l’image du personnage joué par Isabella Rossellini, impériale et murphyesque en diable dans des costumes Christian Lacroix complètement fous.