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[COURT MÉTRAGE] « Les Dites Cariatides » d’Agnès Varda sur mk2 Curiosity

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Documentaire sur les statues de femmes ornant les murs parisiens, Les Dites Cariatides (1984), visible gratuitement pendant une semaine grâce à mk2 Curiosity et avec le soutien de Ciné Tamaris, est un film de commande pour la télévision joliment détourné par la reine de la digression, qui savait dénicher de la beauté là où on ne la voit plus.

Mise à jour le 27/05/ 2020. Ce film n’est désormais plus accessible. Découvrez les films offerts sur mk2 Curiosity en cliquant ici

Agnès Varda s’est intéressée à l’art de rue bien avant de rencontrer le street-artist J.R, avec qui elle a réalisé Visages Villages (2016). Dans son documentaire Murs Murs (1980) par exemple, elle a suivi des artistes noirs américains, chicanos, chinois ou philippins qui s’exprimaient sur leur condition de minorités aux États-Unis en peignant d’énormes fresques sur les murs de Los Angeles. Elle qui s’identifiait peut-être à ces outsiders de l’art s’est aussi prise de curiosité pour les statues, surtout de femmes, sur les façades parisiennes, devant lesquelles on passe vite, sans faire attention.

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À l’occasion d’une commande faite par TF1, la cinéaste (qui pensait au départ que les producteurs allaient l’envoyer en Grèce, pays d’origine de ces Cariatides, apparues vers le VIIIe siècle avant notre ère) se demande qui elles sont, qui les a érigées à Paris à la fin du XIXe siècle… Mais surtout elle leur donne vie en parlant de leurs « rêves de pierre », en convoquant les poèmes de Baudelaire ou encore ses propres photos de femmes portant des paniers aux quatre coins du monde. Cette investigation intime est l’occasion pour la réalisatrice d’interroger autant la féminité que la masculinité représentées dans l’art, en se demandant pourquoi les sculpteurs ont insisté sur la force des hommes (les statues masculines semblent porter avec effort tout le poids des colonnes) et sur la sensualité lascive des Cariatides. Varda fait d’ailleurs un beau pied de nez à ces sculpteurs en ouvrant son film avec un homme complètement nu, l’air un peu perdu en pleine rue, comme lorgné par les femmes de pierre certainement bien contentes de cette riposte.

Photo de couverture : (c) Ciné-Tamaris

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