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L’artiste, metteur en scène et réalisateur Clément Cogitore interviewé par Louis, 15 ans

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Réalisateur de films de fiction, de documentaires et créateur d’installations photographiques,  il a reçu, en 2018, le prestigieux prix Marcel-Duchamp, qui distingue chaque année un artiste pour l’ensemble de son œuvre. Clément Cogitore a été aussi nommé aux Césars en 2016 pour son long métrage Ni le ciel ni la terre, et cette année pour son documentaire Braguino et pour son court métrage Les Indes galantes, inspiré d’un opéra du xviiie siècle qu’il met aujourd’hui en scène à l’Opéra Bastille.

Comment êtes-vous devenu artiste?

À un moment, on n’a pas le choix, on ne sait rien faire d’autre, on n’a envie de rien d’autre. Certains savent exactement ce qu’ils veulent devenir : danseur, pianiste… Moi, ce n’était pas aussi précis que ça. Je n’ai pas eu de révélation, c’était progressif. Je suis arrivé à l’art en regardant de la peinture, c’est mon premier amour. Je pensais devenir artiste peintre, mais j’ai très vite abandonné et je suis allé vers l’image, la vidéo, le film et la mise en scène.

Est-ce qu’une œuvre a particulièrement compté?

Il y en a beaucoup, je pourrais plutôt te citer des artistes. J’ai découvert l’art contemporain en regardant les œuvres de Christian Boltanski, le cinéma avec Andreï Tarkovski et David Lynch, et la danse avec Pina Bausch. Quand tu découvres ces artistes, ce sont des moments forts. Leurs œuvres m’ont tellement marqué qu’aujourd’hui elles font partie de moi.

Vous aviez quel âge?

À peu près le tien. Je viens de la campagne, et à l’époque je visionnais beaucoup de choses en DVD ou cassette vidéo. Je pouvais être conseillé par des amis, des profs, ou par la famille. C’est mon frère Romain, qui est devenu réalisateur, qui m’avait dit «regarde ça», en me tendant la cassette du Sacrifice de Tarkovski. 

Qu’est-ce qui vous relie dans vos travaux à votre enfance et votre adolescence?

Quasiment tout. Comme beaucoup d’artistes, il me semble que notre matériau premier, notre fonds de commerce, c’est notre mémoire d’enfant ou d’adolescent, ce moment où l’on essaie de comprendre le monde. En grandissant, on constate que certaines questions ont des réponses, et puis pour certaines, même adulte, on ne trouve pas les réponses, alors on revient sans cesse dessus quand on est artiste.

Depuis combien de temps travaillez-vous sur Les Indes galantes?

Deux ans. C’est un peu comme au cinéma, on passe beaucoup de temps à concevoir et écrire le projet. On prépare tout très méticuleusement et ensuite tout va très vite, tout doit s’assembler dans une sorte de chaos de dernière minute.

Qu’est-ce qui vous attire dans l’opéra, et plus particulièrement dans Les Indes galantes?

Le fait que cette pièce appartienne à une tradition, l’opéra-ballet à la française, qui est très visuelle. L’opéra-ballet mélange la danse et le chant, il permet de produire des images sur scène. J’ai commencé par réaliser une vidéo avec des danseurs de krump, et ensuite le directeur de l’Opéra de Paris m’a proposé de le mettre en scène dans ce lieu.

Pourquoi être allé vers le krump plutôt que vers une autre danse urbaine?

Le krump, c’était juste pour la vidéo. Sur scène, il y aura beaucoup de styles différents.

Est-ce que vous dansez vous aussi?

Pas du tout ! Ou alors mal. J’adore regarder la danse, la mettre en scène, mais je vais épargner les spectateurs, je ne danserai pas.

PROPOS RECUEILLIS PAR LOUIS (AVEC CÉCILE ROSEVAIGUE)

PHOTOGRAPHIE : PALOMA PINEDA

LE DÉBRIEF

« Nous étions installés dans le foyer de l’Opéra Bastille avec une vue panoramique sur Paris, c’était magnifique ! Malgré la fatigue de Clément Cogitore – il s’était couché la veille à 5 heures du mat’ avant de faire une nouvelle journée de répétition –, l’entretien s’est bien passé. C’était impressionnant de le rencontrer à quelques jours de la première représentation des Indes galantes ! »

« Les Indes galantes » de Jean-Philippe Rameau, mis en scène par Clément Cogitore, jusqu’au 15 octobre à l’Opéra Bastille

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