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[KIDS] L’interview de Joann Sfar par Liam, 12 ans

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Auteur et dessinateur de bandes dessinées à succès – Le Chat du rabbin, Donjon… – et réalisateur – Gainsbourg (vie héroïque), Johann Sfar adapte pour le cinéma sa bande dessinée Petit vampire, en salles en ce moment.

Vouliez-vous déjà faire ce métier quand vous étiez enfant ?

Au cours préparatoire, on nous avait demandé quelle profession on souhaiterait exercer plus tard, et j’avais écrit pompier, parce que j’adorais les camions, et dessinateur de BD, car je venais de comprendre que c’était de vraies personnes, et pas d’obscures machines, qui fabriquaient des BD.

 Quelles difficultés avez-vous rencontrées durant votre parcours ?

Le plus difficile, c’est d’évaluer son propre travail. J’ai commencé à envoyer des dessins aux éditeurs vers 14 ans, et on me répondait toujours non. Et puis un jour, à 24 ans, trois éditeurs m’ont dit oui la même semaine, pour trois ouvrages différents. J’avais progressé sans m’en rendre compte.

 Aujourd’hui, c’est plus facile de juger la qualité de votre propre travail ?

J’ai deux boussoles : me faire plaisir, et écouter mes copines et mes copains. C’est très précieux d’avoir des amis qui, même si tu es connu, te disent « Là, c’est vraiment moyen », ou « Tu devrais retravailler un peu ».

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Qu’est-ce qui vous a donné envie de transformer votre bande dessinée Petit vampire en film d’animation ?

C’est la réussite commerciale et artistique de l’adaptation du Chat du rabbin. J’avais envie de renouveler cette expérience, mais cette fois en m’adressant vraiment aux enfants à la manière de Disney, de Hayao Miyazaki ou de Pixar ; c’est-à-dire en produisant un récit universel avec des sentiments forts, des gentils et des méchants. Comme c’est un long métrage, il a fallu étoffer le monde de Petit vampire. On a mis six ans à faire ce film. On le sort maintenant, pendant l’épidémie, parce que c’est important d’aller voir des films en salles. Si on ne sort pas les films maintenant et qu’on attend, eh bien il n’y a aura plus de salles de cinéma du tout, et après on sera bien embêtés.

 Est-ce vous qui avez dessiné toutes les images du film ?

Non seulement je n’ai pas tout dessiné, mais avec une équipe d’animateurs et de designeurs on a essayé de trouver un style qui ne ralentirait pas l’action. Dans Petit vampire, il y a beaucoup de mouvements, des bateaux qui volent, des bagarres, alors si on avait gardé mon trait tout tremblant l’animation n’aurait pas été lisible.

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Comment faites-vous pour faire de l’humour sur d’horribles monstres ?

Quand j’étais petit, il m’était interdit de regarder des films d’horreur, mais j’avais le droit de lire des magazines sur ces films. Je découpais et collais sur mon cahier les images de Frankenstein, de Dracula, j’inventais des histoires et ils devenaient des personnages de comédie. Adulte, je me suis rendu compte que les monstres étaient formidables pour parler des problèmes de la vraie vie, des complexes de chacun. En plus, c’est très marrant à dessiner, un monstre.

Petit vampire ne ressemble pas du tout à Klezmer ou au Chat du rabbin. Les peintres ont des styles différents selon les périodes de leur carrière, est-ce que c’est pareil pour vous ?

Elle est intéressante, ta question… Le dessin, c’est comme un sac à dos : tu as appris des trucs et, si tu veux en apprendre d’autres, il faut vider un peu ton sac, faire de la place. Si tu as envie de changer de style ou de méthode, tu vas désapprendre autre chose. Mes livres ne se ressemblent pas, mais je ne le fais pas exprès du tout. C’est une fois que c’est fini que je m’en rends compte.

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Vous préférez faire de la BD ou réaliser des films ?

Je ne pourrais pas vivre sans BD, mais c’est beaucoup plus amusant de réaliser un film. Faire de la BD, c’est rester tout seul chez soi ; faire un film, c’est passer du temps sur un plateau avec des gens qui font des trucs pas possibles, qui sautent au plafond, qui se battent à l’épée… Un plateau de cinéma, c’est l’endroit le plus joyeux au monde !

Petit vampire de Joann Sfar, StudioCanal, sortie le 21 octobre, à partir de 8 ans

PROPOS RECUEILLIS PAR LIAM

(AVEC CÉCILE ROSEVAIGUE)

Photographier : Julien Liénard pour TROISCOULEURS

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