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[EXPOS] Nos trois conseils du mois

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KIKI SMITH, jusqu’au 9 février à la Monnaie de Paris

Tout en évitant le parcours chronologique et thématique, l’exposition propose une traversée de l’œuvre protéiforme de l’artiste américaine qui, depuis les années 1970, offre une relecture féministe des grands mythes fondateurs. Ce qui frappe peut-être le plus, c’est la diversité des matériaux et techniques employés par Kiki Smith, éminemment contemporaine dans sa faculté à incorporer à sa pratique plastique des savoir-faire artisanaux et à flirter avec les arts décoratifs : sculptures en bronze, en verre, en cire ou en papier mâché, tapisseries réalisées à partir de collages numérisés, gravures, photographies, etc. On est à mille lieues de la rigueur minimaliste de son père, le sculpteur Tony Smith. Une cohabitation qui va de pair avec les notions de porosité et d’hybridité à l’œuvre dans son univers, nourri par l’imaginaire populaire des mythes religieux et des récits cosmogoniques comme des contes pour enfants, peuplé d’organes, de corps, d’animaux, d’astres et de femmes. De la Vierge Marie à Geneviève, la sainte patronne de Paris, en passant par Dorothée du Magicien d’Oz, quelques femmes-loups et autres sorcières (sans oublier, en arrière-plan, sa mère et ses deux sœurs), une série de figures féminines est convoquée, réhabilitée, réinterprétée et remise au cœur d’une histoire et d’un système où se font écho le passé et le futur, et au sein duquel le corps constitue une interface entre le petit et l’infiniment grand. 

« GDY ONA – When she » d’Ursula von Rydingsvard, jusqu’au 11 janvier à la galerie Lelong & Co.

Artiste allemande d’origine polonaise, Ursula von Rydingsvard a été transbahutée dans les camps toute son enfance avant de trouver refuge aux États-Unis en 1950. Avec ses sculptures monumentales taillées dans le cèdre, hautes de plus de cinq mètres, l’artiste fait feu de tout bois. Trônant verticalement dans le paysage, ces noueux totems organiques invoquent des forces naturelles, avec une splendeur et une puissance hors du temps. 

« La Montagne invisible » de Ben Russell, du 23 janvier au 5 avril au Plateau

Cinéaste et artiste postcolonial, l’Américain Ben Russell s’attache, dans le sillage de Jean Rouch, à filmer des rituels et des traditions primitives qui persistent encore de nos jours. Ressuscitant la fonction magique du cinéma, il est parti dans neuf pays en quête d’une montagne, inspiré par l’écrivain René Daumal. En résulte cette installation audiovisuelle contemplative qui doit autant au road movie et au concert filmé qu’à un cérémonial initiatique.

-Image: Kiki Smith, Sleeping, Wandering, Slumber, Looking About, Rest Upon, 2009-2019 (c) Martin Argyroglo/Monnaie de Paris

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