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[INTERVIEW] – Le philosophe Charles Pépin : « La philosophie sert à avoir une vie plus intense »

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Les conférences ludiques de Charles Pépin, professeur agrégé de philosophie et coauteur, avec le dessinateur Jul, de la BD 50 nuances de Grecs (deux tomes parus chez Dargaud), prouvent chaque lundi que la philo peut être accessible à tous.

Quel est le principe de vos conférences Lundis Philo ?

L’idée est d’offrir au public une pensée en train de se dérouler tout en s’ouvrant à la vraie vie, aux sciences sociales et à la littérature. Il ne s’agit pas de faire de la philosophie académique, mais plutôt de proposer une rencontre. Il y a deux choses importantes : l’émotion et l’humour. J’essaie de tirer la conférence de philosophie vers quelque chose qui ressemble à un show où une complicité s’installe avec le public.

N’y a-t-il pas un risque de tomber dans le prêt-à-penser ?

En général, je propose une pluralité de réponses possibles. C’est le contraire d’une pensée préfabriquée ! Pour créer quelque chose d’électrique, il vaut mieux être un peu confus mais vrai que clair et artificiel. Ça serait assez facile de faire une réponse argumentée en quatre points. Mais quand un philosophe fait ça, il s’éloigne de la vraie vie.

Depuis la rentrée, en plus du mk2 Odéon, vous proposez une seconde conférence au mk2 Bastille. Pourquoi ?

Il n’y avait plus de places au mk2 Odéon ; trop de personnes devaient faire demi-tour. On a alors décidé de créer un autre rendez-vous, à l’heure du déjeuner, pour attirer des gens qui travaillent et qui veulent assister à une rencontre philosophique.

Pourquoi avoir importé la philosophie dans un cinéma ?

Le cinéma dit qu’on peut assumer une dimension de spectacle sans en avoir honte. La salle de cinéma, c’est aussi l’intimité, la chaleur, et réunir des personnes différentes. Je suis assez fier d’avoir créé ce mélange.

À quoi sert la philosophie dans la vie quotidienne ?

À avoir une vie plus intense. Quand on vit et qu’on pense l’amour en même temps, on le vit plus intensément. Quand on pratique la philosophie, on a l’impression de rencontrer la vie de façon plus intime. Et puis ça rend moins bête, puisqu’on est moins accroché à ses préjugés. Un de mes grands objectifs, c’est que les participants se disent : « Je suis plus complexe et plus multiple que ça. »

Que dîtes-vous à ceux à qui la philosophie peut faire peur ?

Tous les sujets que j’aborde ne sont pas très effrayants – « Qu’est-ce que rencontrer quelqu’un ? », « Peut-on aimer sans posséder ? », « Peut-on aimer sans souffrir ? ». Je pense que, ma patte, c’est de parler simplement, avec des exemples concrets de la vie quotidienne, ce qui ne m’empêche pas de dire des choses complexes.

Dans vos conférences et dans votre bande-dessinée 50 nuances de Grecs tome 2, co-écrit avec le dessinateur Jul, vous utilisez le rire. Pourquoi mélanger humour et philosophie ?

L’humour libère et détend pour mieux comprendre les choses. C’est aussi un antidote contre l’esprit de sérieux : on peut être sérieux, léger et drôle. L’esprit de sérieux, c’est s’écouter parler la bouche pincée et refuser le mouvement de la vie. Je sais depuis ma lecture de Freud qu’on peut faire des blagues très sérieuses !

« Lundis philo de Charles Pépin », les lundis à 12 h 30 au mk2 Bastille (côté Beaumarchais) et à 18 h 30 au mk2 Odéon (côté St Germain)

Pour réserver vos places, cliquez ici.

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