
À 20 ans seulement, ELLIE avance à contre-courant. Autrice et compositrice, la jeune niçoise à la présence charismatique s’éloigne du cadre académique et se met à composer depuis sa chambre d’adolescente, avec pour seuls compagnons GarageBand et son téléphone. Dans un monde en perpétuel mouvement, elle prend le temps et se démarque avec des singles comme « In the Breach » et « On My Own », écrits en anglais pour dompter sa nature réservée, puis son EP Invisible Things, dans lequel la chanteuse multi-instrumentiste fait cohabiter des élans de rock avec des piano-voix.

Pour son premier clip Here Down on Earth, produit par le studio Remembers, on retrouve l’idée de la “chambre-refuge” : elle nous fait entrer dans un rêve (ou serait-ce un cauchemar ?) de 3 minutes, mêlant cinématographie, archives et créations 3D. On passe d’un champ de blé, à une cabane faite de bois dont le toit est recouvert de pans de draps. Une silhouette se découpe sur le crépuscule, les ailes déployées : comme un retour à la danse, discipline qui a formé la chanteuse aux boucles brunes. Puis la cabane protéiforme émerge d’un brouillard blanc traversé de faisceaux de lumière, avant que les flammes ne l’engloutissent, dans un incendie qui rappelle celui du Sacrifice d’Andreï Tarkovski.
Dans le même temps, la Terre s’embrase, comme pour signifier que c’est notre maison au sens large qui est menacée. Le clip s’achève sur la cabane ressuscitée, et la voix d’ELLIE, profonde et enveloppante, semble nous dire qu’une lueur perce peut-être l’obscurité.