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Histoire Belge : Dictionnaire amoureux de la Belgique

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Il existe deux moyens de s’offrir une tranche d’exotisme. La première consiste à partir loin, en Chine, ou chez les Lapons. La deuxième ? Prendre un billet de train pour Bruxelles et visiter la Belgique. Niché au cœur de l’Europe, siège des institutions de l’Union, ce pays à peine plus grand qu’une région française possède la particularité d’être à la fois complètement familier et tout à fait dépaysant, y compris d’ailleurs pour les Belges eux-mêmes, qui sont les premiers à s’étonner de ce qu’ils découvrent sous leurs yeux. Aussi liront-ils sans doute avec autant de plaisir que les non-Belges le Dictionnaire amoureux de la Belgique que publie aujourd’hui Jean-Baptiste Baronian, Belge d’Anvers devenu Bruxellois, bien connu des amateurs de littérature en général (on lui doit des dizaines de romans et de nombreux essais sur Paul Verlaine, Charles Baudelaire ou Arthur Rimbaud), et des fans de Georges Simenon en particulier (il est l’un des spécialistes du maître liégeois). Selon l’excellent principe du dictionnaire – le meilleur, sous son apparence contraignante, pour évoquer un sujet le plus librement du monde –, il propose un voyage subjectif à travers l’histoire, les paysages et les arts d’un pays qu’il connaît comme sa poche, en fouillant spécialement du côté des marges, des chefs-d’œuvre inconnus et des trésors cachés. Rien d’incontournable ne manque au sommaire, bien sûr, qu’il s’agisse des hauts lieux (Bruges, Gand, les Ardennes, etc.), des héros (de Pieter Bruegel à Hergé, de Jacques Brel à Magritte), des moments-clés (la question royale, l’Expo 58), des belgicismes ou des classiques de la gastronomie ; mais, à côté de ces étapes obligées, le livre recèle une foule de personnages moins connus, des dizaines d’écrivains géniaux et discrets, des poètes surréalistes, des peintres, sans compter les anecdotes curieuses, les lieux retirés, les spécialités locales, bref, tout un fourmillement discret, souterrain et continu, qui fait le cœur et l’âme du pays. Passionnément érudit, curieux de tout, ronchonneur à l’occasion (derrière le portrait de la Belgique se cache, par la force des choses, un autoportrait), Baronian remet tous les clichés à leur place et dévoile les richesses inépuisables d’un petit pays confit de paradoxes, « souverainement sans pareil », où tout côtoie son contraire sur 30 000 kilomètres carrés. Comme un canular géant, si l’on veut, mais qui serait entièrement réel.

[info]Dictionnaire amoureux de la Belgique
de Jean-Baptiste Baronian (Plon)[/info]

 

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