
En ce moment au Casino de Paris (et bientôt en tournée dans toute la France), c’est Halloween avant l’heure. Armé de son humour et de son style expressionniste qu’on adore, Thomas Jolly a conçu un écrin diabolique pour faire briller les reines de Drag Race. Avec une entrée à la Scooby-Doo, le ton est donné. Dans ce cabaret délabré que compte bien retaper la grande gagnante, Lana Cotta, il se passe des choses étranges… Bizarre, vous avez dit bizarre ? « Fierce », oui, plutôt.
Reprenant la forme camp du musidrag (une épreuve de l’émission où elles doivent interpréter une comédie musicale spécialement conçue pour elles), les queens lipsyncent une parodie de film d’horreur où fantômes collants, araignées mutantes et même putois diaboliques traînent dans les couloirs. L’occasion, surtout, de permettre à chacune des artistes de donner libre cours à son univers, dans un mélange de strass et de stress.

Il faut voir Lana Cotta réinventer le burlesque sur une moto possédée, Holy White chasser les fantômes à coups de néon, Malawitte défier les genres ou encore Daisy Superbitch tisser sa toile impériale pour en croire ses yeux.
Ultra-spectaculaire, drôle et calé sur une bande-son imparable, du « Enough Is Enough » de Streisand/Summer, où se déhanche une Sublyme possédée, au « Summertime » de Gershwin chanté par le ténor Créatine Price, en passant par l’incroyable mix de Britney Spears sur lequel Azemylia tord son corps dans tous les sens, la fête est totale.

Avec le petit frisson en prime des refs cinéma qui vont bien, d’un dialogue de Scream bien placé à la musique de Twin Peaks sur les pas de Margarette (définitivement la comedy queen de la saison), ou encore la transformation dingo de Fluffy Bidule en femme-animale, le cinéma s’invite sur scène.
Et quand la Harpie débarque en infirmière sadique, au son du « Twisted Nerve » de Kill Bill, scie à la main, le public jubile.
Mais si les monstres de cette maison hantée sont rigolos, Nicky Doll vient nous rappeler avec force que les vrais sont à nos portes. Et rien de mieux pour leur faire peur, à ceux-là, que de finir en apothéose dans un tableau tout-puissant. Un happy end de liberté qui donne du courage pour l’année à venir.
Du 24 septembre au 17 octobre au Casino de Paris – et en tournée.