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À nos amours de Maurice Pialat

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Suzanne rentre tard à la maison. Un montage alterné la montre en train de masquer un suçon qu’elle a dans le cou, tandis que son père, fourreur, travaille dans le salon – qui fait également office d’atelier. Lorsqu’elle le rejoint dans le cadre, elle mange une tranche de jambon avec désinvolture. Le dialogue débute en plan rapproché, comme une banale discussion enfant-parent, elle impertinente, lui moralisateur. La caméra se rapproche une première fois du visage de Suzanne qui fait la bise à son père, initiant la fin de la séquence. C’est à ce moment-là qu’on devine le début d’une improvisation entre les acteurs, qui les entraîne vers un sommet d’émotion contenue. Au lieu d’aller se coucher, Suzanne fixe son père, en amorce du cadre, d’un air inquiet. La jeune fille est maintenant filmée en gros plan. Les questions de son père – « Tu souris plus beaucoup. Qu’est ce qui va pas ? » – semblent la mettre en porte-à-faux. Lorsque le contre-champ sur Pialat arrive, il entame une confession – « Je ne suis pas triste, je suis fatigué » –, qui se clôt par un verdict sans appel : « Je crois que je vais vous quitter, Suzanne ». À partir de ce moment-là, les visages, proches, annoncent une complicité inouïe entre le père et la fille, capables de se parler, comme des grands, des choses de la vie.

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