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[RÈGLE DE TROIS] Bertrand Tavernier, quel cinéphile es-tu ?

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Cinéaste cinéphile par excellence, il réédite pour la troisième fois depuis 1993 Amis américains, son livre d’entretiens avec les grands auteurs de Hollywood, agrémenté d’une préface écrite avec Thierry Frémaux. Pour l’occasion, il s’est livré sur sa passion dévorante.

Pouvez-vous vous décrire en 3 personnages de films?

Le héros de Je sais où je vais de Michael Powell et Emeric Pressburger, parce qu’il est à la recherche de ses racines. Le commandant Dellaplane, interprété par Philippe Noiret, dans mon film La vie et rien d’autre, parce qu’il lutte pour la préservation de la mémoire. La panthère Bagheera dans Le Livre de la jungle, parce qu’elle défend la paix dans la jungle – mais je triche parce qu’il s’agit surtout du livre, les films n’ont pas la même poésie.

3 films américains que vous embarqueriez sur une île déserte?

Il n’y a pas de courant sur une île déserte, donc il n’y aurait aucune possibilité de les voir. Tout ce qui compte, dans ce cas-là, c’est d’avoir sa femme avec soi.

3 cinéastes américains avec qui vous aimeriez discuter?

J’aimerais rencontrer Bennett Miller [Le Stratège, Foxcatcher, ndlr] et Aaron Sorkin, qui n’a fait qu’un film, Le Grand Jeu, mais dont le talent de scénariste a joué un rôle très important à Hollywood. Et, pour en citer un dernier, disons Alexander Payne [The Descendants, Downsizing, ndlr].

Foxcatcher de Bennett Miller (2014)

3 leçons de vie apprises au cinéma?

La recette de la sauce tomate aux boulettes et aux saucisses dans Le Parrain: une leçon absolue. La réplique «Ne vous excusez pas, c’est un signe de faiblesse» du capitaine Brittles, interprété par John Wayne, dans La Charge héroïque. Et le mal que peut causer un mensonge dans Madame de… de Max Ophüls. Ce sont des choses qu’on n’oublie pas.

Danielle Darrieux dans Madame de… de Max Ophüls (1953)

L’actrice ou l’acteur qui vous faisait fantasmer à 13 ans?

J’avais une grande passion pour Gary Cooper. Et je trouvais Janet Leigh et Mireille Balin incroyablement sexy.

Gary Cooper et Patricia Neal dans Le Rebelle de King Vidor (1949)

3 road movies qui vous donnent envie de prendre la route?

Rien ne me donne envie de prendre la route. Je déteste la voiture, on a mal aux jambes. Je préfère les films qui se passent dans des trains, comme L’Énigme du Chicago Express ou Berlin Express. Certains westerns, comme La Prisonnière du désert, sont de grands films d’itinérance. C’est tout de suite plus intéressant avec des chariots ou des chevaux qu’avec des voitures.

3 grands livres sur le cinéma à nous conseiller?

J’aime beaucoup les mémoires de cinéastes. Celles de Michael Powell, Une vie dans le cinéma. Tomes 1 et 2, sont, avec celles d’André de Toth, Fragments. Portraits de l’intérieur, ce que j’ai lu de plus extraordinaire dans le genre. J’aimerais aussi citer le livre de Patrick McGilligan Alfred Hitchcock. Une vie d’ombres et de lumière. Ce sont tous des livres publiés dans la collection Institut Lumière / Actes Sud que je dirige avec Thierry Frémaux.

Amis américains. Entretiens avec les grands auteurs d’Hollywood de Bertrand Tavernier (Institut Lumière / Actes Sud, 1 008 p.)
Photographie: Jean-Luc Mege

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