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Nouvelle chronologie des médias: ce qui va changer

Très attendue par les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, la nouvelle chronologie des médias a enfin été ratifiée. Ça donne quoi?

On n’y croyait plus. Et pourtant. La nouvelle chronologie des médias est enfin arrivée. Les organisations professionnelles du cinéma et de l’audiovisuel ont toutes ratifié l’accord défini depuis août, qui est entré en vigueur pour quatre ans le 21 décembre dernier – jour même de la signature de Canal+ et d’OCS, bons derniers, qui aiment visiblement se faire remarquer. La chronologie des médias est un accord interprofessionnel (et non un décret ou une loi) qui définit les délais dans lesquels les diverses exploitations d’une œuvre cinématographique peuvent intervenir afin que chacun ait, en théorie, le droit à sa part du gâteau. Dans l’ordre: la salle, la vidéo (DVD et V.O.D.), la télévision, et les plates-formes de streaming. Il était nécessaire que cette exception culturelle bien de chez nous se mette à jour pour suivre la mutation des modes de consommation de films.

Alors, objectif atteint ? Pas tout à fait. En réalité, aucun changement majeur n’a eu lieu. Le grand gagnant est Canal+, principal financier du cinéma hexagonal. Auparavant fixée à dix mois, l’arrivée des films sur la chaîne cryptée passe désormais à huit mois, voire même six, sous dérogation et à condition que le long métrage en question ait réalisé moins de 100000 entrées dans les quatre premières semaines de son exploitation en salles. De son côté, Netflix, qui refuse de sortir en salles ses créations originales (comme, au hasard, Roma d’Alfonso Cuarón), à cause de cette fameuse chronologie, ne risque pas de changer d’avis avec ce nouvel accord: les plates-formes payantes sont toujours soumises à un délai de trente-six mois après la sortie du film. Rien ne change donc pour elles, ou presque. Si elles sont prêtes à mettre la main à la poche en matière d’investissements et de préachat de films, ce délai peut passer à dix-sept mois. Pas sûr que la carotte soit suffisamment alléchante pour un Netflix qui souhaite imposer le day & date (sortie simultanée en salles et sur la plate-forme). Annoncée en grande pompe, cette nouvelle chronologie n’est en fait qu’un pas de Lilliputien. Rendez-vous dans dix-huit mois, pour la clause de revoyure (oui, c’est son nom) qui prévoit la possibilité d’apporter des modifications. Au cas où…