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Le futur du cinéma… La nature au cœur des films

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Intérêt grandissant des spectateurs pour les thématiques écologiques d’un côté, progrès des effets spéciaux de l’autre: plus vivaces que jamais, faune et flore vont gagner le cœur des films et renouveler les récits.

Les succès récents, en France, de films traitant à des niveaux très variés de sujets liés à la nature, d’Au nom de la terre d’Édouard Bergeon, sur les évolutions dramatiques du monde agricole (presque 2 millions d’entrées), jusqu’au Roi lion de Jon Favreau et ses quelque 10 millions d’entrées, le prouvent : les spectateurs ont envie qu’on leur parle de la terre, des animaux, et plus largement de notre planète – gageons que les quatre prochains volets d’Avatar de James Cameron, prévus d’ici 2027, creuseront encore davantage ce sillon.

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Un intérêt grandissant qui coïncide avec l’évolution des technologies qui permettent de créer des forêts entières et de les peupler d’animaux numériques bluffants de réalisme (sans les maltraiter). Morgane Baudin, consultante en écoproduction audiovisuelle, pense que le cinéma, formidable outil de communication, peut se saisir de cet intérêt grandissant pour le devenir de la planète afin de jouer à l’avenir un rôle dans la transition écologique.

Comment ? Tout simplement en montrant l’exemple. C’est dans cette optique qu’elle a cofondé la société de placement de produits à impact écologique et solidaire Pixetik, incitant les productions à choisir des produits écoresponsables comme accessoires de jeu pour les personnages de leurs films. En voyant, par exemple, une scène de fête dans laquelle des jeunes boivent dans des gobelets réutilisables avec des pailles en inox, les spectateurs l’intègrent comme un comportement naturel. «Les solutions pour un monde plus durable existent, il s’agit surtout de les représenter pour les normaliser plus rapidement.»

Mais l’enjeu le plus intéressant est sans doute celui de la créativité : comment les problématiques écologiques vont-elles nourrir l’imaginaire des scénaristes et des cinéastes de demain ? Pour l’instant, la tendance est plutôt aux scénarios catastrophe (apocalypse, effondrement et autres cataclysmes naturels), mais si on proposait des futurs désirables ? Ces nouveaux récits, qui montreraient d’autres possibles, voire un monde à venir où l’écologie aurait « gagné », sont l’un des enjeux majeurs du cinéma de demain. «Un film comme Au nom de la terre est essentiel en ce qu’il dénonce très bien les problèmes, mais on se demande ensuite quelles sont les alternatives à ce mode d’agriculture. La fiction aussi a le pouvoir d’imaginer des solutions, comme le fait, par exemple, Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki, qui évoque ce que serait une vie en communion avec la nature. Il y a encore trop peu d’exemples», insiste Morgane Baudin.

En attendant, des initiatives voient le jour : lancée en mai dernier à Cannes par le collectif On est prêt et le coréalisateur du documentaire Demain Cyril Dion, une tribune intitulée « Résister et créer », tirant la sonnette d’alarme et appelant à la réinvention des récits pour voir naître un monde «véritablement respectueux des êtres humains et de la nature», a déjà rassemblé les signatures de deux cent cinquante personnalités du monde de la culture.

De son côté, l’agence anglaise spécialisée dans la stratégie de développement durable Futerra a imaginé un planet test sur le modèle du test de Bechdel. Un outil rudimentaire qui permet de savoir si un scénario est sur la bonne voie en observant trois critères : est-ce que la nature est représentée ? Est-ce que les comportements néfastes pour l’environnement sont désignés comme tels ? Est-ce qu’un des personnages fait au moins un geste en faveur de l’environnement ? Peut-être que, vu du futur – qui fourmillera de films sur des histoires de polyamour entre écovillageois dans la forêt que Paris sera redevenu –, ce test paraîtra complètement ridicule.

Illustration : @The_Real_Theory

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