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[LE FILM DU SOIR] « La Fée » de Dominique Abel et Fiona Gordon

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Avec La Fée, présenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2011, le trio Abel-Gordon-Romy renouait avec le burlesque chorégraphié et décalé de ses deux premiers longs métrages, Rumba (2008) et L’Iceberg (2005). Ce soir, on vous propose de revoir sur France TV cette réussite clownesque, tout en éclats (de rire), où les langues se délient et les corps n’en font qu’à leur tête dans un havre stylisé et dansant.

Le dernier né du trio de saltimbanques Dom, Fiona et Bruno rembobine sur la rencontre des deux premiers, clowns amoureux à l’écran comme à la ville. Après Rumba (où ils étaient déjà mariés et écumaient ensemble les concours de danse régionaux), les voilà qui remuent de nouveau sur le fil d’une comédie romantique synchronisée à souhait. Le ballet débute par un long travelling qui poursuit Dom, veilleur de nuit d’un modeste hôtel havrais, pédalant à toute vitesse sur le bord d’un quai tandis que le soleil fait la course contre lui. Il arrive à temps à son poste, pour voir son quotidien ronronnant (télé, sandwich au ketchup et clients agaçants) bousculé par la fée Fiona, venue lui annoncer qu’elle va réaliser trois de ses vœux. Tombée amoureuse de Dom dans la foulée, Fiona l’entraîne dans une parade amoureuse rythmée, gracieuse et truculente.

DIAPASON

Cette cavalcade se poursuit pendant tout le lm, puisque les deux tourtereaux ne sont jamais laissés tranquilles par le destin : prise pour folle parce que fantaisiste, Fiona est internée et Dom, en chevalier improvisé, s’en va la délivrer. Acculé, le couple ne se décourage jamais, opposant une imagination souple et débridée aux coups du sort. Leurs corps, principaux témoins de leurs émois, sont les supports de métaphores (très jolie séquence d’accouplement aquatique avec algues et sac plastiques ondoyants) et de gags (une poussée de ventre instantanée, une évasion d’hôpital dans un manteau deux places) désopilants de simplicité.

Clowns façon Tati et Étaix, Dom et Fiona sont également des acteurs talentueux parce que parfaitement au diapason l’un de l’autre. Leur face-à-face comique et romantique est complété par une galerie de personnages secondaires habilement croqués en quelques touches fantaisistes : l’homme à la valise qui remue de la queue, le patron très taupe du bar L’Amour ou, et même le bébé – dont le sourire n’a pas manqué d’attendrir les festivaliers cannois au printemps der- nier. Spontanée, vibrante et jamais sotte, La Fée affirme le pouvoir universel du rire comme compagnon essentiel de la liberté – des fous, des exilés. Chapeau bas.

Le film est disponible ici.

Image: Copyright Pandastorm Pictures

 

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