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[CRITIQUE] « Une colonie »: un film troublant sur le spleen adolescent

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Après le documentaire Bienvenue à F.L. (2015) consacré aux aspirations adolescentes, la Canadienne Geneviève Dulude-De Celles prolonge l’exploration de ces thématiques dans un premier long métrage de fiction troublant. Mylia (Émilie Bierre), jeune fille lunaire de la campagne québécoise, s’apprête à faire sa rentrée au secondaire (la classe de cinquième en France) dans une grande école urbaine… La mise en scène, à rebours de tout sentimentalisme, scrute la jeunesse dans ses imperfections et ses incertitudes les plus opaques. Avec une économie de dialogues et une rigueur d’anthropologue exemplaires, la cinéaste décrit l’angoisse de cette jungle où la soumission, de soi ou des autres, est le seul chemin vers l’affirmation : celui de Mylia devra, lui, passer par la découverte de son corps, puis par la mise à nu de sentiments qu’elle n’a jamais osé exprimer. En investissant l’inconscient le plus secret de son héroïne, Une colonie dégage par moments une apesanteur presque inquiétante qui évoque le spleen adolescent. De cette matière, la cinéaste tire l’anti-teen movie par excellence.

Une colonie de Geneviève Dulude-De Celles, Wayna Pitch (1 h 42), sortie le 6 novembre
Image : Copyright Lena Mill-Reuillard/Etienne Roussy

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