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[CRITIQUE] « Séjour dans les Monts Fuchun », un portrait de famille délicat

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Empruntant son titre à un rouleau du XIVe siècle signé Huang Gongwang, l’un des maîtres de la peinture chinoise traditionnelle, ce premier film se vit comme une sublime errance au bord d’un fleuve. Résultat d’un tournage au long cours, cette fresque qui se déroule sur une année reflète la sensibilité de son jeune réalisateur, Gu Xiaogang, dont l’entourage constitue l’essentiel du casting, et qui a choisi sa ville natale (Fuyang) pour suivre des personnages issus d’une même famille. En privilégiant les ellipses et les variations de point de vue (sur l’éducation des enfants, par exemple), Xiaogang s’intéresse moins à l’intrigue qu’aux traces que le temps laisse sur les esprits, les corps et l’antre du capitalisme: la cité. Devant ce cadre urbain parfois très gris, on songe au pessimisme d’Edward Yang (Taipei Story, The Terrorizers). Mais ici, malgré les problèmes économiques, l’humeur semble plus douce. La beauté des saisons recouvre les angoisses, le moindre détail est magnifié. Comme si chaque flocon d’hiver ou chaque nage à la lueur de l’été frôlait délicatement le présent, avant qu’il ne s’éloigne.

Séjour dans les Monts Fuchun de Gu Xiaogang, ARP Sélection (2h30), sortie le 1er janvier
Image: Copyright ARP Sélection

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