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[CRITIQUE] « Le Lac aux oies sauvages », un trip formaliste majestueux

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Le parvis d’une gare de banlieue la nuit, sous une pluie diluvienne. Un chef de gang en fuite est abordé par une « baigneuse », une prostituée exerçant autour des étendues d’eau. Elle lui demande du feu, avant de lui annoncer – conventions du film noir obligent – que la police a mis sa tête à prix. C’est le début d’une élégante cavale nocturne à travers Wuhan, capitale de la province du Hubei, pour ces deux fugitifs qui croiseront sur leur route la police et la pègre… Rentré bredouille de Cannes, le quatrième long métrage de Diao Yinan (Black Coal) avait tout pour convaincre les jurés. Trip formaliste presque entièrement nocturne, le film emprunte avec subtilité aux grands maîtres du genre (Fritz Lang, Orson Welles, Wong Kar-wai), mais progresse à un rythme qui lui est propre : la violence y est d’autant plus forte qu’elle surgit après de longues accalmies. Si le spectateur mal réveillé peut se perdre dans ce récit labyrinthique, il ne résistera pas à la mise en scène majestueuse : une chorégraphie sanglante surexposée aux néons qui consacre, un an après Un grand voyage vers la nuit de Bi Gan, un autre styliste hors pair. 

Le Lac aux oies sauvages de Diao Yinan, Memento Films (1 h 50), sortie le 25 décembre
Image: Copyright Memento

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