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[CRITIQUE] « La Cordillère des songes » de Patricio Guzmán : sonder le passé dans l’immuable

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Bien qu’exilé en Europe depuis 1974, le Chilien Patricio Guzmán a toujours sa patrie dans la peau. Après avoir parcouru le nord du pays dans Nostalgie de la lumière (2010) puis le sud dans Le Bouton de Nacre (2015), il conclut sa dernière trilogie documentaire en beauté avec ce puissant film qui a obtenu cette année l’Œil d’or au Festival de Cannes.

Dans un geste presque désespéré de lutte contre l’oubli, le cinéaste relie le passé du Chili (le coup d’État traumatisant de Pinochet en 1973) à sa géographie (l’altière cordillère des Andes, filmée dans de somptueux plans comme une métaphore d’une fierté nationale qui confine parfois au déni). Composée de témoignages d’amis artistes, sa fresque poétique prend un détour plus grave quand elle se focalise sur Pablo Salas, réalisateur resté au pays qui a filmé la résistance à travers des documentaires dont on voit de bouleversants extraits. Tout en pensant au récent Santiago, Italia de Nanni Moretti, qui raconte comment l’ambassade italienne a recueilli des Chiliens fuyant la répression, on sort de ce film rempli d’échos et de fantômes comme on sortirait d’une grotte : inondés d’une lumière qui révèle la force de ce pays décidément fascinant.

La Cordillère des songes de Patricio Guzmán, Pyramide (1 h 25), sortie le 30 octobre

Image : La Cordillère des songes de Patricio Guzman – Copyright Pyramide Distribution

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