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[CRITIQUE] « Douze mille » de Nadège Trebal: une odyssée des corps libératrice

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La rage au corps, les sublimes héros du premier film de Nadège Trebal pourfendent une France pervertie par l’appel du gain. Pris tout entier par son désir pour Maroussia, Frank (merveilleux Arieh Worthalter) veut assurer la stabilité financière de leur foyer et part chercher du travail dans le Sud. Il y côtoie le milieu ouvrier et s’invente de menues tâches (revente de cigarettes, spectacles improvisés…) dans l’espoir de collecter douze mille euros, montant sur lequel le couple s’est accordé. Quand l’attrait de sommes gagnées facilement lui fait perdre pied, vient le moment d’interroger sa quête personnelle, la reconquête d’un amour-propre annihilé. Comme un exorcisme à la misère, cet Ulysse moderne s’engage dans des ballets libérateurs – chorégraphiés par Jean-Claude Galotta –, dansant colère et frustration au gré de scènes d’une folle poésie. Nadège Trebal – qui campe l’incandescente Maroussia –emploie son travail documentaire (Bleu pétrole, Casse) pour dessiner une odyssée de fiction, jamais très loin de Claire Denis, pour qui elle fut scénariste. Ou comment re(faire) de son corps sa seule et précieuse possession.

Douze mille de Nadège Trebal, Shellac, sortie le 15 janvier
Image: Copyright Shellac

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