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Critique : « De cendres et de braises », chronique poétique d’une banlieue ouvrière en mutation

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Les ruines des Trente Glorieuses minent une cité des Mureaux dans les Yvelines, plongée dans le souvenir d’une époque où le travail était encore collectif. La raison ? L’usine Renault de Flins, à côté de laquelle a été bâtie cette cité HLM au mitan des années 1950, emploie de plus en plus d’intérimaires. La lutte syndicale en pâtit, tandis que les jeunes du quartier, sans perspective d’avenir, se sentent abandonnés… Dans ce documentaire de Manon Ott, plongé dans un beau noir et blanc qui transforme les lumières de la ville en particules lumineuses, cette impasse ne laisse cependant jamais la place à la résignation. Derrière les constats alarmants et les récits de vie amers, délivrés par les habitants au gré de longs entretiens, se cache toujours un espoir, une flamme inébranlable. Au regard d’une conscience politique naissant justement de ce feu qui résiste aux ruses du néolibéralisme, on songe alors aux mots que tenait Peter Weiss dans L’Esthétique de la résistance, cités par Jean-Luc Godard à la fin de son dernier film, Le Livre d’image : « Même si rien ne devait être comme nous l’avions espéré, cela ne changerait rien à nos espérances. »

De cendres et de braises de Manon Ott, Docks 66 (1 h 13), sortie le 25 septembre
Image : Copyright Manon Ott



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