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Critique : « Alice et le maire », une brillante comédie politique désenchantée

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Avec son deuxième long métrage, remarqué à la Quinzaine des réalisateurs cette année, Nicolas Pariser confirme sa capacité, rare dans le cinéma français, à représenter avec acuité le monde politique à l’écran.

Après avoir exploré, dans Le Grand Jeu (2015), la politique sous son versant obscur et romanesque (celui des barbouzes et des groupuscules gauchistes), le cinéaste s’intéresse ici à un personnage public ancré dans le quotidien. Maire de Lyon, Paul Théraneau (Fabrice Luchini, génial comme souvent, vulnérable comme rarement) est un vieux briscard gagné par la lassitude, jusqu’au jour où Alice Heimann, jeune philosophe embauchée comme conseillère (Anaïs Demoustier, à son sommet d’espièglerie charmeuse), vient bousculer sa routine et stimuler sa réflexion.

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Au fil des conversations se tisse entre ces deux-là une relation peu banale, fondée sur la connivence intellectuelle. Autour d’eux, de savoureux seconds rôles (une artiste portée sur la collapsologie, un ambitieux responsable de la com) mettent en lumière les défis qui se posent aux élus. Disciple d’Éric Rohmer et de Claude Chabrol, Nicolas Pariser opte pour une esthétique « ligne claire » et une chaleureuse image 35 mm. Entre cruauté et compassion, cette brillante comédie sur le désenchantement donne à voir l’impuissance de responsables politiques à qui l’on demande surtout, comme on l’entend à plusieurs reprises dans le film, de savoir « inventer un récit ».

Alice et le maire de Nicolas Pariser, Bac Film (1h43), sortie le 2 octobre
Image : Copyright Bac Films

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