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3 questions à Aude Chevalier-Beaumel, réalisatrice du documentaire « Indianara »

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Le film est traversé par une volonté de démocratiser tous les corps, transgenres ou non.

À Rio, il y a une dictature du corps parfait, refait, mais le topless est strictement interdit. Il nous semblait nécessaire de montrer des corps en transition, abîmés par la rue, l’alcool, la drogue, le sida… mais toujours libres et fiers. Après quelques jours aux côtés d’Indianara, les têtes baissées se redressent, les corps meurtris s’affirment et se libèrent. Nous avons toutes et tous besoin de cette révolution corporelle.

Aude Chevalier-Beaumel

Il vous semblait important de filmer Indianara dans le quotidien de sa vie de couple?

Sa relation avec Mauricio montre que des éducations différentes n’empêchent ni le dialogue ni l’amour. Son travail militant passe d’abord par lui, le macho conservateur, descendant d’esclavagistes. Ce couple, c’est le Brésil d’aujourd’hui : polarisé en apparence, il est pourtant capable de se mélanger, de se fréquenter et de s’aimer. Mauricio constitue aussi une porte d’entrée dans le film pour le public cisgenre, qui peut s’identifier à lui.

Quelles ont été les conséquences de l’élection de Jair Bolsonaro, qui survient en fin de film ? Indianara pensait passer le relais aux plus jeunes, mais la montée de la haine et de l’insécurité l’a convaincue de reporter sa retraite. Après l’élection de Bolsonaro, elle a tenté de mettre fin à ses jours, pour finalement revenir en première ligne. Elle a rassemblé ses forces et ses proches au sein d’une nouvelle organisation plus grande et plus structurée, exclusivement transgenre, afin de mieux faire face aux attaques

Indianara d’Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa, New Story (1 h 24), sortie le 27 novembre

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