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A voir en ligne : « Motu Maeva » de Maureen Fanzendeiro

  • Raphaëlle Pireyre
  • 2021-07-12

Alors que le premier long métrage de la réalisatrice portugaise, Journal de Tûoa (coréalisé avec Miguel Gomes), est présenté ces jours ci à la Quinzaine des réalisateurs, on peut redécouvrir son premier court sur le site du GREC.

LE FILM : Rêve d’une île

Motu Maeva est une double invitation au voyage. Dans l'espace, vers cet îlot où Sonja habite aujourd'hui seule après une vie bien remplie. Dans le passé, où elle dévoile par fragments une histoire riche de violences, d'amour et d'aventures. Les souvenirs de la vieille femme sont convoqués par son récit en voix off exactement comme s’ouvrent les boîtes de pellicule Super 8 retrouvées dans ses archives personnelles.

On saute de son enfance où les hommes lui sont présentés comme une menace à la rencontre miraculeuse avec son mari, futur militaire avec qui elle voyagera autour du monde et mènera une relation libre et égalitaire, loin des habitudes de leur époque et de leur milieu social. Maureen Fanzendeiro s’amuse déjà, bien avant le Journal de Tûoa qui remonte le mois d’août 2020 à rebours, à tisser une dentelle poétique entre les époques et à mêler dans un même récit des émotions contraires.

Regardez le film gratuitement à cette adresse.

LA FILMEUSE : Maureen Fanzendeiro

Motu Maeva repose sur l’écart poétique entre les images et le son, creux qui laisse au spectateur toute sa place pour spéculer, imaginer, rêver le film qui déroule sous ses yeux. Adapté d’un poème d’Henri Michaux, Soleil noir (2019) mêle lui aussi de vieilles images trouvées montrant les spectateurs d’une éclipse de soleil, et plans tournés par la réalisatrice. Ce choix d’intégrer à ses films des images dont elle n’est pas l’auteure vient du cinéma expérimental et d’une pratique collective du travail sur le film.

Membre du laboratoire de développement L’abominable, elle s’insère dans la vision de ce groupe d’artiste d’un cinéma pluriel qui laisse voir ses propres coutures. Après avoir dirigé le casting des Mille et une nuits de Miguel Gomes (2015), elle signe avec lui la chronique d’une grossesse, d’un confinement et d’un tournage. Journal de Tûoa a beau s’inscrire dans un cinéma de fiction, on y retrouve le goût de la réalisatrice pour la pellicule 16mm, le tournage qui montre ses coulisses et le bouleversement de sa chronologie comme un facétieux jeu de piste offert au spectateur.

Miguel Gomes, crocodile dandy

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