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« L’Ange blond de Visconti », « Ne croyez surtout pas que je hurle »… Découvrez nos 3 bons plans docus de la semaine  

  • Thibaut Sève
  • 2021-11-10

Cette semaine, vous ferez la rencontre d’un éphèbe vieillissant, de l’impressionnante gardienne d’un désert algérien et d’un cinéphile compulsif (et en bonus, on vous plonge dans une grotte miraculeuse). 

L’ANGE BLOND DE VISCONTI 

L’œil aux aguets, Luchino Visconti passe au milieu d’une classe de jeunes garçons. Il prospecte obstinément, il attend une évidence. En casting depuis des mois dans toute l’Europe, il cherche la grâce. Une porte s’ouvre. L’apparition du petit Björn imprime la rétine du cinéaste. L’éphèbe endossera le rôle mythique de Tadzio dans Mort à Venise (primé à Cannes en 1971).  

Cette archive est tirée de Alla ricerca di Tadzio, un documentaire commandé par Visconti lui-même à l’époque de ce casting dantesque. Trois temps se répondent ici dans un montage audacieux. Celui de l’innocence durant la recherche de l’ado-acteur. Celui de la création durant le tournage, et celui de l’après. Après le succès, après la folie médiatique. Ce temps-là, également celui de la vieillesse, vient se confronter violemment au passé. Björn Andrésen est filmé aujourd’hui dans le décor de l’Hôtel des bains du Lido, à Venise. Un lieu laissé à l’abandon, mais autrefois magnifié dans Mort à Venise. Les murs décrépis et les couloirs sombres symbolisent une chute brutale, racontée dans ce portrait tourmenté par le vieillissement et la mort. 

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LE ROYAUME DE MALIKA 

Elle est retirée du monde et pourtant la société algérienne semble attirée par son magnétisme. Ce docu invite à s’assoir en face de Malika ou partager ses allées et venues dans les vingt mètres carrés de son café-buvette situé en plein désert. La vieille dame offre son écoute et son analyse clairvoyante sur les sujets de société. Le film se déploie comme une sorte de road-movie immobile : jamais nous ne quittons l’antre de Malika et pourtant, dans cet espace fixe et clos, le mouvement du voyage est rapporté par les conversations des visiteurs. Une mise en scène de Hassen Ferhani qui ressemble au premier long-métrage de ce dernier (Dans ma tête, un rond-point), une exploration du plus grand abattoir d’Alger, lieu brute et violent. Ici, au milieu du désert, point de cris d’animaux, juste le vent qui s’engouffre par les fenêtres et invite à un voyage mémorable, le tout assis sur une chaise en plastique ! 

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NE CROYEZ SURTOUT PAS QUE JE HURLE 

Accepter la séparation, c’est accepter d’aller de l’avant, voire même imaginer une renaissance. Après une éprouvante rupture amoureuse, Frank Beauvais se confie sur sa douleur. La fin de son couple, c’est aussi une remise en cause des éléments qui structurent sa vie, qu’ils soient géographiques et matériels. C’est aussi une plongée dans la signification de ses choix l’ayant conduit là où il est aujourd’hui. 

Son cheminement est dévoilé par sa voix, des mots tirés d’un journal intime qu’il tient pour tenir le coup.  Son ton franc et désabusé, ses pensées cyniques et souvent drôles, donnent une force gigantesque à son film. Que voit-on dans ce docu ? Des extraits de films, beaucoup de films (environ 400 !). Épousant le regard du réalisateur qui avoue s’être enfermé dans une boulimie cinéphile, nous voici spectateurs d’un montage aussi rapide que précis d’extraits répondant à la lecture de son texte. Parfois en l’illustrant, souvent en l’enrichissant ou même en le contrariant – ces oxymores visuels ont la force des meilleurs films surréalistes. 

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BONUS : LOURDES 

Attention, il n’y aura pas de miracle : le replay de ce film est très limité dans le temps. Il sera obsolète dès le samedi 13 novembre. 

 Dans un très gros plan qui ouvre le film, une main caresse la grotte de Massabielle. Tout de suite, le ton est donné. Cette image épidermique est le préambule à une expérience sensorielle. La pluie ténébreuse, les corps abîmés, les silences de communion... Tout, à Lourdes et dans ce film, concourt à dessiner la grâce de ce lieu sacré. Il n’est pas tant question de Dieu que de croyants (une main qui en prend une autre, un quasi-muet qui susurre un mot…). Ces petits miracles filmés avec grâce font souffler l’esprit de communauté au-delà du village blotti au pied des Pyrénées. Une expérience de spectateur rare qui provoque de nombreuses poussées lacrymales.  

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