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« Little Bird » sur Arte : une série historique et politique à voir absolument

  • Margaux Baralon
  • 2024-06-12

[CRITIQUE] Cette minisérie suit la quête existentielle d’une jeune autochtone canadienne, arrachée à sa famille et adoptée par des parents blancs dans les années 1960. Sa créatrice, Jennifer Podemski, elle-même originaire des Premières Nations, livre un drame politique et sensible des plus émouvants.

Une bicoque dans un champ, grignotée par le soleil levant. Les cheveux des parents et des enfants qui y vivent s’entremêlent, leurs doigts aussi. On s’échange des caresses et des mots d’amour, on foule pieds nus le parquet qui grince et les herbes hautes.

Tout pourrait n’être que « luxe, calme et volupté », si seulement on voyait l’horizon. Or, dès le début de la série Little Bird, les gros plans successifs qui empêchent de regarder au loin inquiètent. On s’en doute et, de fait, le danger viendra de la route. Une voiture de police, deux agents qui en sortent et embarquent trois enfants sans sommation.

Nous sommes dans les années 1960, au Canada, et la famille mutilée est autochtone. À cette époque, 20 000 jeunes issus des Premières Nations ont été placés dans des orphelinats, puis donnés à l’adoption dans des familles blanches. Dix-huit ans après le drame, Esther a tout réussi : l’école de droit, la rencontre avec un garçon gentil, riche et juif, comme elle, et la préparation de leur mariage.

Seules ombres au tableau : sa belle-mère et des souvenirs qui refont surface, par vagues. Après une énième dispute avec la première, qui médit sur ses origines autochtones, Esther décide de rejoindre la province de la Saskatchewan pour reprendre le fil de son histoire... Tout au long de ses six épisodes, jamais Little Bird ne perd l’équilibre entre l’analyse clinique des crimes du gouvernement canadien et cette manière de filmer sensible, quasi organique, en parfait accord avec l’expérience de son héroïne.

Retrouver sa terre, ses proches, son nom et la vérité, voilà qui met tous les sens en émoi. Loin de se laisser dépasser par son sujet, la créatrice Jennifer Podemski, elle-même d’origine autochtone, offre une partition magnifique à son actrice, Darla Contois, impressionnante.

Little Bird de Jennifer Podemski, disponible sur arte.tv

Image : © DR

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