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Conférence : Le corps féminin, une émancipation à conquérir

  • Trois Couleurs
  • 2022-10-11

Objet de désir, il échappe aux femmes. Traversé par la domination, il devient politique et outil de libération. Certaines en font le centre de leur existence, d’autres encore veulent le transformer, le dompter ou le laisser aller. À qui appartient réellement le corps des femmes ? Murielle Joudet, Lola Lafon et Laure Adler, invitées par mk2 Institut, croisent leur regard sur le sujet lors d’une table ronde modérée par Cécile Daumas (Libération).

Murielle Joudet

Critique de cinéma, Murielle Joudet interroge dans son dernier ouvrage, La Seconde Femme. Ce que les actrices font à la vieillesse (Premier Parallèle), les images du corps féminin, et plus précisément celui de l’actrice, face à la vieillesse. Quelle femme devenons-nous quand on vieillit ? Quand la jeunesse meurt, en naîtt-il une autre ? Et cette autre, cette seconde femme qui entre en scène, comment l’apprivoiser ? Apparences, fards, déjouements, mais aussi affirmation et mise en scène de cette vieillesse qui nous altère. Autant de détours, d’inventions et de ruses qui constituent ce « scénario femme » que réfléchit l’autrice. Scénario que l’actrice porte à son paroxysme, mais qui spectacularise la condition de toutes.

Laure Adler

Dans une tribune publiée par Libération, Laure Adler déclarait : « Je suis vieille et je vous emmerde. » Le corps à l’épreuve du temps, c’est ce que l’écrivaine et journaliste affronte dans son dernier roman, La Voyageuse de nuit (Grasset). Pire que le vieux, il y a la vieille ; pour les femmes, et surtout pour elles, le constat de la vieillesse est toujours plus sombre. Chute, déclin, tristesse… autant de mots pour envelopper cette étape de la vie et du corps que la femme subit comme tout le monde, mais qui la met à plus rude épreuve. Plus de cinquante ans après Simone de Beauvoir, Laure Adler veut à son tour renverser ce point de vue sur la vieillesse, « ce pays que nous irons tous habiter un jour », et l’orienter du côté de la vie. Car, cet âge que les femmes taisent, Laure Adler propose de le dire et d’en parler.

Lola Lafon

Le corps est l’un des motifs récurrents de ses romans. On se rappelle le corps si bien décrit de la petite gymnaste roumaine, cette petite fille « aux abdos serrés et à la peau nue » que raconte La Petite Communiste qui ne souriait jamais. Celui aussi de la jeune Cléo, la danseuse au destin triste et aux rêves salis qui habite son roman Chavirer. Et puis il y a Anne Frank, le dernier personnage auquel l’autrice rend hommage, dans son livre paru cette rentrée, Quand tu écouteras cette chanson (Stock). La petite Anne au corps caché, enfermé, puis sacrifié par un monde malade que Lola Lafon décrit avec subtilité. Le corps des jeunes filles, celui que la société tout entière menace de ses fantasmes et de son avidité, est le sujet qui hante l’écrivaine. Surface de toutes les projections, ce corps qui se débat contre la folie des hommes, Lola Lafon le conte et le politise. Dans l’espoir, peut-être un jour, qu’il se libère de l’espace contraint où il se tient encore enfermé.

« Corps féminin, une émancipation à conquérir », table ronde avec les autrices Lola Lafon, Laure Adler et Murielle Joudet, en collab oration avec la journaliste Cécile Daumas, le 20 octobre, au mk2 Bibliothèque à 20 h

Portrait : Lola Lafon © Lynn S. K.

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