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Luc Bruyère, artiste

  • Quentin Grosset
  • 2021-05-26

Portrait d'un oiseau de nuit qu'on a pu croiser au cabaret de Madame Arthur, au théâtre ou bien au cinéma.

GEn.A : c’est la génération engagée qui invente le monde d’après. Chaque semaine, Trois Couleurs part à sa rencontre pour tirer le portrait de jeunes artistes résistant.e.s, passionnant.e.s, exalté.e.s. Cette semaine, on parle avec Luc Bruyère, acteur, danseur, chanteur, mannequin et artiste de cabaret de 28 ans.

« Pour la première fois j’ai senti que mon corps, qui était inadapté, pouvait devenir un vecteur, traduire des choses bien plus grandes que lui. »

Aussi magnétique que le photographe Robert Mapplethorpe, dont un portrait trône au-dessus de son lit, cet oiseau de nuit vivant à Pigalle et ayant grandi dans le Nord de la France est à la fois acteur, chanteur, danseur, mannequin, et artiste de cabaret. Sa vocation d’artiste touche-à-tout lui vient, nous confie-t-il, du fait qu’il est né sans bras gauche : « J’ai commencé la danse classique et pour la première fois j’ai senti que mon corps, qui était inadapté, pouvait devenir un vecteur, traduire des choses bien plus grandes que lui. »

Dès lors, il touche à tout. L’art plastique d’abord (à 15 ans, il est parti vivre seul à Bruxelles pour faire une école d’art) puis la performance rêveuse et flamboyante au cabaret travesti de Madame Arthur, la danse aux côtés de la chorégraphe Carolyn Carlson, le théâtre, avec Béatrice Dalle et JoeyStarr dans Elephant Man (2019) de David Bobée, ou encore le cinéma : il entame prochainement le tournage de La Meute de Sofia Alaoui. On a hâte d’écouter l’album qu’il prépare, prévu pour fin 2021, et qu’il nous présente comme distillant un sentiment « entre la fête et la tristesse après la fête. »

LE DÉCLIC : « Ce sont toujours les rencontres qui m’ont amené à chacune de mes disciplines artistiques. Par exemple, quand je faisais de la figuration sur La Vie d’Adèle, Abdellatif Kechiche m’a dit que je devais absolument faire du cinéma, c’est sous son impulsion que je me suis inscrit dans la classe libre du Cours Florent. Pareil pour Madame Arthur : un soir, j’étais là en tant que client, puis le directeur est venu me voir, il m’a demandé "Qui est cette jolie créature ? Tu chantes ?" Je lui ai répondu : "Sous la douche." Et c’est comme ça que j’ai commencé à chanter au cabaret. »

LE FILM QUI L’INSPIRE : « Suspiria de Dario Argento, c’est le film qui m’a donné envie de faire du cinéma. J’aime aussi les films de Yann Gonzalez, Bertrand Mandico, toute cette branche-là. Mais si je devais choisir un film en résonance avec ce que je vis aujourd’hui, ce serait Brazil de Terry Gilliam. Dans une atmosphère claustrophobique, le protagoniste trouve son épanouissement à travers le rêve. J’ai la même source de liberté que ce personnage en ce moment. »

RENCONTRE: Bertrand Mandico et Yann Gonzalez, zones érogènes

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