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L’époque

  • Quentin Grosset
  • 2019-04-19

Inspiré par Le Joli Mai (1963) de Chris Marker et Pierre Lhomme, qui faisait le portrait documentaire de Paris au printemps, Matthieu Bareyre est allé à la rencontre de la jeunesse dans les rues de la capitale, la nuit, de 2015 à 2017. Film bouillonnant et concerné que l’on sent réalisé dans un état second (les poussées d’adrénaline dans l’exaltation des manifs, l’étourdissement provoqué par les gaz lacrymo des CRS, la frénésie des clubs), L’Époque ne réduit jamais ses rencontres à des profils désincarnés (l’insurgé, le dealeur, l’étudiant en école de commerce…), mais prend le temps de l’écoute empathique – de laquelle il ressort une peur de l’avenir, une détresse liée aux inégalités et à la précarité, mais aussi une énergie communicative. Bareyre prend en revanche le parti de faire de toutes les figures de l’autorité une masse molle qui s’agite vaguement et vainement ; et c’est en la repoussant presque de son film que son Paris à lui paraît aussi vivant. La ville terne et dormante de la gentrification, des bars qui ferment ou du mobilier urbain anti-sdf s’embrase enfin. Si ce n’est pas « Paris est une fête », c’est alors au moins « Paris nous appartient ».

L’Epoque de Matthieu Bareyre, Bac Films (1 h 34). Sortie le 17 avril

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