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L'acteur Michel Bouquet est mort

  • Trois Couleurs
  • 2022-04-13

Ce grand comédien de théâtre, qui avait également tourné pour Truffaut et Chabrol, a disparu ce mercredi 13 avril, à l’âge de 96 ans.

Avant de fouler les planches du théâtre, où il interpréta huit cent fois Le Roi se meurt d'Eugène Ionesco, Michel Bouquet avait eu plusieurs vies - apprenti pâtissier, manutentionnaire ou encore mécanicien dentiste. En 1943, nourri par les pièces que sa mère l'emmène voir à la Comédie-Française, il contacte un de ses sociétaires, Maurice Escande, qui lui propose de suivre ses cours. C'est le début d'une série de rencontres qui nourriront son jeu épuré. Il côtoie le comédien Gérard Philippe et l'acteur et metteur en scène Jean Vilar, avant de faire ses preuves dans un large répertoire, brassant des classiques (Molière et Shakespeare) aussi bien que des auteurs modernes (Beckett et Camus).

BOUQUET ET LA NOUVELLE VAGUE

Inoubliable interprète de Tartuffe, Dom Juan ou L’Avare, Michel Bouquet a aussi attiré, par son aura intense, des réalisateurs de la Nouvelle Vague, qui lui confient des rôles ambigus, opaques, façonnant sa persona de grand bourgeois parfois antipathique. Dans La Femme infidèle (1968) de Claude Chabrol, il joue un mari ombrageux assassinant l'amant de sa femme, tandis que François Truffaut lui confie le rôle d'un timide maladif dans La Mariée était en noir (1968). Plus tard, les cinéastes lui confient leurs personnages de flics vengeurs confrontés à un système judiciaire en perte de vitesse : Yves Boisset dans Un Condé (1970), José Giovanni dans Deux hommes dans la ville (1972) aux côtés d'Alain Delon.

DERNIERS TEMPS

C'est grâce à Anne Fontaine, qui le dirige en 2002 dans Comment j’ai tué mon père, qu'il remporte son premier César du meilleur acteur, avant de glaner une deuxième fois la récompense en 2006 pour sa prestation poignante dans Le Promeneur du Champ-de-Mars de Robert Guédiguian. L'acteur y incarne, avec charisme et fragilité, le président François Mitterand dans ses dernières semaines à L'Elysée, traquant sous le masque de l'homme d'Etat ses fêlures.

Image La Petite chambre (c) KMBO

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