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« La Combattante » de Camille Ponsin : destins croisés

  • Raphaëlle Pireyre
  • 2022-10-03

Vingt ans après les premiers massacres au Darfour, dans une guerre qui a fait trois millions de déplacés, Camille Ponsin croise les témoignages contemporains de réfugiés avec le récit d’une ethnologue à la retraite, Marie-José Tubiana, qui les aide pour leur demande d’asile.

« Voici le travail de toute une vie », déclare Marie-José Tubiana, 90 ans, en désignant au cinéaste Camille Ponsin le placard de son appartement parisien qui abrite ses archives, collectées au Darfour à partir de 1956. Ses carnets, ses photos prises au Leica ou ses films tournés avec une caméra 16 mm que Jean Rouch lui a appris à manier font le portrait d’un pays régi par le don et le contre-don. Touché par la poésie de « l’enquête sensible » qui émane des ouvrages de l’ethnologue, Camille Ponsin a été ému par le temps qu’elle consacre aux réfugiés de cette région.

Dans son salon, elle accueille quotidiennement des réfugiés dont la demande d’asile a été refusée par l’OFPRA. Son écoute et sa connaissance des lieux permet d’attester la véracité de récits que l’administration a jugés flous. Sous le portrait mosaïque d’une région dont les caméras de télévision se sont détournées depuis longtemps, Camille Ponsin fait aussi celui d’une femme à l’opiniâtreté tranquille. Dévouée à rendre un peu de justice aux habitants de ce pays « qui lui a tant donné », elle oppose, à la brutalité des courriers de décision de justice, une bienveillance, du temps, de l’intelligence humaine.

La Combattante de Camille Ponsin, KMBO (1 h 34), sortie le 5 octobre

Image (c) KMBO

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