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La Belle et la belle de Sophie Fillières : la femme coupée en deux

  • Julien Dokhan
  • 2018-03-12

L’histoire est aussi simple que vertigineuse. Au cours d’une fête, Margaux, 20 ans, rencontre Margaux, 45 ans. Très vite, l’une et l’autre se rendent à l’évidence : elles forment une seule et même personne, à deux âges de la vie… La cinéaste exploite avec une jubilation contagieuse le potentiel comique de cette situation (savoureuse séquence avec la danseuse Aurélie Dupont, interloquée face à ce grand écart temporel). Cependant, elle n’en néglige pas la portée mélancolique : aux doutes et aux espoirs de la jeune Margaux répondent la sagesse et les regrets de la Margaux plus mûre. On retrouve les qualités des films précédents de la fée du logique Sophie Fillières : des dialogues brillants qui ne sonnent jamais comme des mots d’auteur, une façon de mettre le langage sens dessus dessous et un art de puiser dans la réalité la plus concrète (un envoi de SMS, un trajet en téléphérique) matière à des interrogations philosophiques (Peut-on tout contrôler ? Change-t-on au cours de la vie ?). La nouveauté réside dans la composante fantastique qui est au cœur du récit et confère à l’ensemble une tonalité plus légère, moins dépressive. Le plaisir que procure ce film ludique tient aussi à la complicité de la cinéaste avec ses deux actrices équilibristes. Dans le rôle casse-gueule d’une femme coupée en deux, Sandrine Kiberlain et Agathe Bonitzer se révèlent, littéralement, d’un naturel confondant.

de Sophie Fillières
Memento Films (1 h 35)
Sortie le 14 mars

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