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Jordan Peele explique pourquoi « Nope » sera plus qu'un film d'horreur

  • Trois Couleurs
  • 2022-07-12

« J'adore repousser les limites », a confié le réalisateur au média Essence, expliquant que son nouveau film embrassera différents genres, dans un but très politique.

Avec Get Out (2017), farce sur le racisme ordinaire qui s'ignore, et Us (2019), récit d’une famille afro-américaine qui tentait d’échapper à son double maléfique, Jordan Peele s'est imposé comme le chantre d'un nouveau genre : l'horreur satirique, qui épingle le racisme anti-noir aux Etats-Unis. Un cinéma dans lequel terreur et politique riment à merveille, et que l'on a hâte de retrouver dans son prochain film Nope. L'histoire d'un propriétaire de ranch (Daniel Kaluuya) témoin de mystérieux phénomènes surnaturels dans le désert californien, provoquant l'arrivée d'un nuage mortel.

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En attendant la sortie du film le 3 août prochain, Jordan Peele s'est exprimé sur son désir de s'inscrire dans la lignée des black horror movies, nés dans les années 1970 sous l'impulsion de cinéastes afro-américains brillants et bouillants comme Melvin Van Peebles. Tout en y insufflant un discours plus lumineux, optimiste, qui nuance un héritage parfois chargé de violence : « C'est tellement délicat d'être considéré comme l'avant-garde de la black horror, parce qu'évidemment[elle]est tellement réaliste, que c'est difficile des films de cette veine qui ne soient pas encore traumatisants et tristes », analyse-t-il très justement.

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« Quand je me suis lancé dans mon troisième film d'horreur avec des personnages principaux noirs, j'ai réalisé que le film devait aussi parler de la joie des Noirs, pour correspondre à ce dont le monde a besoin en ce moment. C'est pour cela qu'il y a un spectre de tonalité ici. Je voulais faire de l'horreur, mais aussi donner à ces personnages l'assurance, l'aventure, l'espoir, la joie et le plaisir qu'ils méritent », a-t-il ajouté, dans cette interview qu'il a accordée à Essence, un mensuel américain consacré à la mode et destiné principalement aux femmes afro-américaines.

Vous l'aurez compris, Nope ne se bornera pas à une charge sociale féroce, mais repoussera les limites du genre, pour célébrer joyeusement la liberté créatrice de ses personnages Noirs, mais pas que : « Le film montre que nous pouvons être les protagonistes non seulement d'un film d'horreur mais aussi d'action, d'aventure, de comédie... » Une façon de décloisonner, de casser les codes, mais aussi de ne pas se laisser enfermer dans une forme d'engagement restrictif, ou d'idéologie.

En 2019, le réalisateur nous expliquait déjà à propos de Us : « Ce qu’on peut y percevoir à propos de la culture afro-américaine découle sans doute de ce que j’y ai mis de manière inconsciente, mais j’ai vraiment cherché à faire une histoire universelle. À mon sens, le film ne traite pas de questions raciales, excepté que je n’ai jamais vu de film d’horreur avec une famille noire en son centre ».

Jordan Peele en pleine face

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Image (c) UNIVERSAL STUDIOS

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