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FOCUS : Quand le cinéma ramène sa science

  • Perrins Quennesson
  • 2022-09-12

Dans son documentaire « Fire of Love », Sara Dosa rend un hommage poignant aux volcanologues français Katia et Maurice Krafft, disparus lors d’une éruption en 1991. Elle montre aussi comment les techniques cinématographiques ont aidé le couple à faire avancer leurs recherches sur ces forces colériques de la nature. Souvent, le cinéma trouve son inspiration parmi les becs Bunsen et autres tubes à essai, mais l’inverse est tout aussi vrai.

Dessinez, c’est gagné

En 2014, quand Christopher Nolan réalise son opus magnum Interstellar, on sait que les trous noirs existent, mais personne n’avait alors réussi à en photographier un. Ni une ni deux, le réalisateur met en relation son équipe d’effets spéciaux et l’astrophysicien américain Kip Thorne pour modéliser son trou noir Gargantua de manière réaliste. Cinq ans plus tard, quand la première photo d’un de ces objets célestes est capturée, on la croirait tout droit sortie du film… confirmant au passage les formules mathématiques complexes de Kip Thorne.

« Fire of Love » de Sara Dosa : un amour volcanique

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Lucien Bull(et time)

James Cameron ne s’adapte pas à la technologie, elle s’adapte à lui. Au milieu des années 1990, le cinéaste tient absolument à filmer de vraies images de l’épave du Titanic. Pour cela, à l’aide de son ingénieur de frère, Mike, il développe des caméras sous-marines télécommandées capables de supporter la pression de l’eau à près de 4 000 mètres de profondeur, soit 2 000 kilos au centimètre carré. Elles ne pouvaient contenir que douze minutes de bobines, mais assez pour révolutionner les techniques d’exploration sous-marine. Malgré ça, toujours aucune trace de Jack.

Sara Dosa : « Katia et Maurice Krafft vivaient une sorte de triangle amoureux avec les volcans »

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Modélisé, élucidé

Quand La Reine des neiges résout un cold case. En 1959, au col de Dyatlov, au cœur des montagnes de l’Oural, neuf alpinistes ont trouvé la mort d’une étrange manière. Personne n’avait réussi à trouver une théorie valable expliquant les circonstances de ce drame ; jusqu’en janvier 2021, quand des enquêteurs ont fait appel à l’équipe d’animation de La Reine des neiges pour utiliser leur système de modélisation de la neige. En en modifiant quelque peu le code, ils ont réussi à démontrer qu’une avalanche très particulière était responsable de cette catastrophe.

Pouletosaure

On vous arrête tout de suite : hélas, on ne peut pas recréer de dinosaures à partir de moustiques coincés dans l’ambre. Mais cette idée a mis la puce à l’oreille du paléontologue Jack Horner, alors conseiller technique sur le tournage de Jurassic Park. Depuis il s’est lancé dans la création de dinos en manipulant génétiquement des embryons de leurs descendants, les poulets. S’il n’a pas encore réussi, Horner est tout de même le papa d’un nouveau dinosaure, Indominus rex. Mais pour Jurassic World seulement.

Un submersible

Dès 1904, le Franco-Britannique Lucien Bull, inspiré par la chronophotographie d’Étienne-Jules Marey, a inventé une caméra capable d’enregistrer 2 000 images à la seconde, perfectionnant ainsi le ralenti cinématographique. Ses films ont permis aux scientifiques d’analyser des mouvements trop rapides pour l’œil nu comme ceux des ailes d’un insecte. À la suite des travaux de Marey et Bull, Michel Gondry puis les sœurs Wachowski ont pu développer l’effet bullet time (mais si, quand Neo évite les balles au ralenti !), qui a lui-même inspiré les méthodes actuelles de captation en réalité virtuelle.

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