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L'expo du mois : Georgia O’Keeffe au Centre Pompidou

  • 2021-08-24

Il aura fallu attendre cet automne pour que la France offre la visibilité qu’elle mérite à l’immense peintre américaine Georgia O’Keeffe.

Encore injustement méconnue dans notre pays, cette figure majeure de l’art moderne américain du début du XXe siècle – la première femme artiste à avoir sa rétrospective au prestigieux MoMA de New York, en 1946 – est notamment célèbre pour ses ondoyantes peintures de fleurs et de paysages désertiques du Nouveau-Mexique, à découvrir dans sa première rétrospective au Centre Pompidou et dans une belle monographie publiée chez Citadelles & Mazenod.

Née dans le Wisconsin en 1887, soutenue par sa famille dans son parcours artistique, elle mène des recherches picturales avant-gardistes, marquée autant par les théories de Vassily Kandinsky que par le Fauvisme. La photographie aura également un grand impact sur son travail, par le biais du groupe d’expérimentateurs Photo-Secession mené par Alfred Stieglitz, qui deviendra son compagnon. Oscillant entre abstraction et figuration, O’Keeffe privilégie un art tourné vers la sensation.

Au fusain, à l’aquarelle, à l’huile, elle tâche de rendre compte de sa perception personnelle d’un lieu, d’un élément de nature – plus rarement d’une personne. Faisant fi de la perspective, elle expose en gros plan des cannas (Red Canna, 1925-1928), des iris, ou des coquillages (Slightly Open Clam Shell, 1926).

 

Toujours dans une palette intense, vive ou ténébreuse, et des compositions très organiques – dans lesquelles beaucoup décèlent une forte sensualité. Il est vrai que les tiges peuvent sembler phalliques, les pétales entourant un pistil évoquer un sexe féminin… La peintre se défendra néanmoins contre les critiques prompts à essentialiser, dans une lecture freudienne, son art comme purement féminin. On lui doit également de surréalistes peintures de crânes d’animaux dominant l’aride immensité du Nouveau-Mexique (Ram’s Head, White Hollyhock-Hills, 1935), que cette femme indépendante et solitaire affectionnait tant et où elle finira sa vie, en 1986 à l’âge de 98 ans, presque aveugle.

Du 8 septembre au 6 décembre au Centre Pompidou.

Images :

Georgia O'Keeffe à l'extérieur de son atelier, 1960, (c)Tony Vaccaro - Getty Images

Georgia O'Keeffe, Ram’s Head and White Hollyhock, New Mexico, 1935, (c)Georgia O'Keeffe Museum - Adagp, Paris 2021

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