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De Rrusie, artiste

  • Quentin Grosset
  • 2021-06-10

Autodidacte, voyageur et touche-à-tout, le jeune homme éthéré affole les collectionneurs avec ses sublimes toiles de ciel à l’huile.

GEn.A : c’est la génération engagée qui invente le monde d’après. Chaque semaine, Trois Couleurs part à sa rencontre pour tirer le portrait de jeunes artistes résistant.e.s, passionnant.e.s, exalté.e.s. Aujourd’hui, rencontre avec l’artiste De Rrusie, 28 ans. 

« Ma peinture, c’est la recherche du rien et de la raison. »

Le jeune artiste né au Cameroun en 1993 s’exprime par déclarations énigmatiques qui correspondent bien au caractère inclassable de son œuvre, ni vraiment figurative, ni abstraite non plus. Sa série de tableaux Cieli, exposée sur son site et sa page Instagram, évoque des cieux aux nuances et aux contrastes infinis.

Aujourd’hui, alors qu’il vit aux Pays-Bas, sa cote grimpe en flèche. «Quand je suis arrivé à Amsterdam, j’ai tout de suite rencontré le mec qui fait flipper tout le monde, le gars qui a découvert les deux derniers Rembrandt, et qui s’intéressait à mes toiles.  »

Un parcours aussi fulgurant qu’étonnant pour celui qui a grandi en Bretagne et qui, au départ, était promis au sport plutôt qu’à l’art. « J’ai joué au basket jusqu’à mes 20 ans, en pôle espoir du championnat pour le France. Puis j’ai bifurqué sur un diplôme de communication mais ça ne m’a pas vraiment plu. »

Dès lors, le jeune homme voyage dans toute l'Afrique, ce qui le marque de façon indélébile, autant que l’encre noire profonde qu’il utilise pour sa série Inchiostri.  « L’Afrique, c’est la source de tout l’art d’aujourd’hui. J’aimerais bâtir un musée quelque part là-bas. » Depuis qu’il est à Amsterdam, où il gagne le prix du designer hollandais 2019 en signant le stylisme d’un costume minimaliste, les projets s’enchaînent plus rapidement pour celui qui ne veut pas s’embarrasser d’étiquettes. Après l’infiniment grand dans ses toiles, il voudrait maintenant explorer l’infiniment petit en s’emparant d’un nouveau médium, la joaillerie.

LE DECLIC : « Il n’y a pas vraiment point de départ. Je suis inspiré par tout sauf la peinture. Je me dis juste qu’il faut créer quelque chose qui reflète le temps dans lequel on est. Depuis tout petit, je sais qu’il y a quelque chose à lire dans les nuages, l’au-dessus et ses symboles. J’ai choisi le sujet du ciel, et je pensais en changer très rapidement, mais en fait je suis encore loin d’être arrivé au bout. »

LE FILM QUI L’INSPIRE : « Princes et princesses (2000) de Michel Ocelot, que j’aime depuis tout petit pour son inventivité autour des couleurs, de la nuit. J’aime que les personnages soient des ombres découpées, et que ce soit une histoire d’amour très bienveillante. »

Son Instagram : @derrusie

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