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« Creation of the gods I » : le film phénomène débarque en France

  • Chloé Blanckaert
  • 2024-02-09

En 2023, la fresque historico-mythologique de Wu Ershan, premier opus d’une trilogie prometteuse, a battu tous les records au box-office mondial. Ce week-end, à l’occasion du Nouvel an chinois, cette épopée ambitieuse retraçant l’ascension au pouvoir de la dynastie Zhou en Chine est à découvrir en salles, notamment au mk2 Bibliothèque,  les 10 et 11 février. À film exceptionnel, sortie exceptionnelle. 

Deux jours. C’est le temps que les spectateurs français auront pour découvrir Creation of the gods I : Kingdom of the Storms, le blockbuster chinois qui a fait sensation fin 2023, récoltant plus de 372 millions de dollars au box-office mondial (après une sortie en Chine, aux États-Unis, en Australie, Nouvelle-Zélande, Hong Kong, Royaume-Uni et Irlande) et se hissant à la 15ème position, juste derrière Indiana Jones et le Cadran de la destinée. Sur le territoire chinois, le film a fait 60 millions d'entrées et est désormais le 23ème plus gros succès du box-office national. 

Une sortie aussi limitée dans les salles françaises pour ce premier opus d’une trilogie qui s’annonce déjà d’anthologie - avec un budget vertigineux de 440 millions de dollars pour les trois volets, tous déjà tournés - peut surprendre. Mais ce n’est pas la première fois qu’une superproduction asiatique opte pour ce mode de diffusion express. 

TESTER LE PUBLIC FRANÇAIS 

En novembre dernier, le blockbuster japonais Godzilla Minus One était diffusé en exclusivité dans les salles du réseau Pathé pendant quelques jours. Une sortie rapide qui a connu un franc succès (17 000 entrées en deux jours) et a convaincu son distributeur, Piece of Magic Entertainment, de le reprogrammer pour deux semaines, fin janvier. Difficile de dire si Heylight Pictures, le distributeur français de Creation of the Gods I, s’est directement inspiré de ce modèle. Même si Sindo Chen, une des distributrices, a confirmé à Première que le but était bien de tester le marché français, peu habitué au blockbuster chinois : « On sort le premier film sur deux jours et on verra comment ça prend. Cette expérience sera forcément riche d’enseignements pour la suite et le troisième volet ». Une chose est sûre, ce mode de diffusion atypique colle parfaitement à la singularité de Creation of the Gods I : Kingdom of the Storms. Le nouveau long métrage de Wu Ershan, cinéaste chinois connu pour son appétence pour les récits fantastiques et grandioses (Mojin: The Lost Legend, 2015), est un événement. 

L'ADAPTATION D'UNE OEUVRE CULTE 

Adapté de L’Investiture des dieux - roman chinois mythique vieux de quatre siècles, souvent comparé aux Seigneurs des anneaux de Tolkien - ce premier volet retrace l’ascension au pouvoir du prince Yi Shou, fils héritier de la dynastie Shang. Après le massacre sanglant de toute la famille royale, orchestré par une femme possédée par un esprit renard maléfique, Yi Shou, seul survivant, récupère le trône. Le jour de son couronnement, une malédiction divine se répand sur le royaume, révélant les ambitions funestes du nouveau roi, aidé dans sa quête de pouvoir par des esprits maléfiques. Pour mettre fin au chaos et rétablir la paix, un sage descendu du Mont Sacré et un jeune guerrier décident de s’unir. Dans Creation of the Gods I, légendes et vérité historique s’entremêlent. Derrière ce récit fantastique se cache une histoire vraie : celle de la toute première dynastie royale chinoise, les Shang, et leur défaite militaire contre les Zhou en 1046 av. JC. En 2h28, Wu Ershan nous invite alors à la découverte d’un nouveau pan de la culture chinoise avec cette œuvre hors-norme mêlant combats épiques, conspirations politiques et interventions divines.

DES RÉFÉRENCES À GOGO

Pour raconter cette histoire dans laquelle rois, soldats, sorcières, esprits maléfiques, créatures imaginaires et divinités se croisent, Wu Ershan et son équipe ont sorti une cavalerie d'effets spéciaux. Le dossier de presse nous révèle que sur 2 400 plans, 1 800 contiennent des effets spéciaux, ce qui constitue 75% du film. Les autres chiffres mis à notre disposition sont tout aussi vertigineux : tourné dans un studio de 30 000 m2 - soit la taille de deux Stade de France - pendant 438 jours sur 18 mois, le film a réquisitionné une équipe de 8 000 collaborateurs pour la préparation et les prises de vues, ainsi que 1 500 spécialistes des effets spéciaux et de la post-production. 

C’est cette prouesse technique et humaine qui a permis au cinéaste de déployer cet univers s’inspirant à la fois des récits mythologiques homériques, des films de superhéros américains et de l’imaginaire chinois plus traditionnel, pour un résultat particulièrement immersif et hybride, à la croisée des références. Pour Wu Ershan, cette trilogie est le fruit de dix années de travail, dont quatre dédiées aux effets spéciaux. Pendant cette décennie, il a selon The Guardian pu échanger avec Peter Jackson, réalisateur mythique derrière la saga du Seigneur des anneaux, tout en réfléchissant déjà à la suite de ce nouvel univers cinématographique. Si dans sa note d’intention le cinéaste chinois affirme vouloir que cette trilogie devienne « un héritage spirituel pour les générations futures », il ne compte pas s’arrêter là. 20 minutes a d’ailleurs révélé qu’en plus de cette trilogie, le réalisateur envisageait déjà des spin-off pour les différents personnages. « De quoi alimenter des productions sur plus de trente ans », selon Frédéric Ambroisine, spécialiste du cinéma asiatique, questionné par le quotidien français. Après avoir conquis le monde, Creation of the gods I : Kingdom of the Storms prend d’assaut les salles françaises, et quelque chose nous dit que ce phénomène est loin d’être éphémère.

Le film est à voir samedi 10 et dimanche 11 février au mk2 Bibliothèque

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