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Claude Chabrol, Damien Hirst, Paulo Morelli : ils sont dans le nouvel épisode de mk2 Curiosity

  • Trois Couleurs
  • 2021-09-30

Cette semaine, on débusque un meurtrier avec Claude Chabrol, on se rend dans les favelas de Rio de Janeiro, et l'artiste Damien Hirst nous parle de ses oeuvres printanières à la Pollock.

La Cité des hommes de Paulo Morelli (2008, 108', Brésil)

Acerola et Laranjinhan ont grandi dans les favelas de Rio de Janeiro, un monde régi par la violence et dirigé par les gangs de rue. Alors que leur dix-huitième anniversaire approche à grands pas, Laranjinha décide de partir à la recherche de son père qu’il n’a jamais connu, tandis qu’Acerola se bat pour élever son propre fils...

Inspiré de la série télévisée brésilienne du même nom, le film de Paulo Morelli trouve sa singularité dans un écart assumé, parfois déstabilisant, entre la forme et le fond. D'un côté, un regard sociologique, désenchanté, sur la délinquance et la criminalité, qui frôle l'approche aride d'un documentaire. De l'autre, une esthétique sur laquelle plane l'esprit des telenovelas.

Auréolés d'une lumière saturée, qui donne aux favelas des airs d'enfer en technicolor, les personnages sont filmés caméra à l'épaule - un décalage qui permet au réalisateur d'exprimer leur impasse intérieure, coincés entre une naïveté tendre et l'attrait pour une violence devenue nécessaire.

Inspecteur Lavardin de Claude Chabrol (1986, 100', France)

Deux ans après Poulet au vinaigre, polar bourgeois grinçant qui marquait la naissance à l'écran de Lavardin, Claude Chabrol retrouve son flic préféré, incarné par Jean Poiret. On comprend pourquoi le cinéaste en avait fait son personnage central. Bon vivant (amateur d'oeufs au paprika), athée, cynique, peu orthodoxe dans ses méthodes d'investigation et sans filtre : Lavardin est un alter-ego inavoué de Chabrol lui-même, dont la réputation n'est plus à refaire. Comme lui, il aime démasquer les mesquineries de la bourgeoisie provinciale.

Dans cette investigation à la Simenon, Lavardin est chargé d'enquêter sur la mort d'un notable catholique, retrouvé mort, nu, estampillé de cette inscription sur les fesses : "Porc". Evidemment, l'intrigue intéresse peu Chabrol, plus occupé à faire le portrait satirique et virulent d'un petit monde névrosé, où l'on croise Jean-Claude Brialy, Jean-Luc Bideau et la majestueuse Bernadette Lafont.

En complément, on pourra voir Conversations autour de Claude Chabrol (2020, 18', France), documentaire où témoignent ses proches collaborateurs. Essentiel pour Sandrine Bonnaire, malicieux et humaniste pour Isabelle Huppert, mélomane et anarchiste pour Marin Karmitz : Claude Chabrol était un homme aux multiples facettes. 

Claude Chabrol vu par Isabelle Huppert

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Cerisiers en Fleurs de Damien Hirst (2021, 25', France)

"Les Cerisiers en Fleurs parlent de beauté, de vie et de mort. Elles [les toiles] sont excessives – presque vulgaires. Comme Jackson Pollock abîmé par l’amour. Elles sont ornementales mais peintes d’après nature. Elles évoquent le désir et la manière dont on appréhende les choses qui nous entourent et ce qu’on en fait, mais elles montrent aussi l’incroyable et éphémère beauté d’un arbre".

C'est ainsi que Damien Hirst, artiste britannique qui manie aussi bien la sculpture que l’installation, la peinture que le dessin, définit ses Cerisiers en Fleurs, nouvelle série de tableaux exposée à la Fondation Cartier jusqu'au 2 janvier. Dans ce documentaire, l'artiste présente sa démarche novatrice, inscrite dans la tradition du paysage pictural, tout en retrouvant une spontanéité du geste en mêlant action painting et pointillisme.

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